
Au grand dam (s’il vous plaît, prononcez comme « Adam », c’est-à-dire comme on doit le faire en français, et non pas « dame » !), au grand dam, disais-je, de l’Union nationale des Obscurantistes (U.N.O.) qui entend régenter la vie intellectuelle française, « non, non, non, non, Montherlant n’est pas mort ! », pas plus que saint Éloi dans une chanson bien connue des carabins. L’événement culturel le plus considérable de ce dernier trimestre de l’année 2006 aura été, pour votre serviteur et aussi, probablement, pour quelques observateurs avisés, l’intégrale de ses pièces au Théâtre du Nord-Ouest. Intégrale suivie avec passion – en dépit de l’inégale qualité des troupes et des mises en scène – par une phalange de jeunes gens émerveillés de découvrir un auteur, une œuvre et un style que nos nouveaux Pères la Pudeur leur avaient soigneusement dissimulés tout au long de leurs études. Je raconte cela, et beaucoup d’autres choses inadmissibles aux yeux de l’U.N.O., dans le numéro de décembre du « Spectacle du Monde », « la plus belle revue du monde », affirmait son fondateur Raymond Bourgine, non sans raison. Avec 120 000 lecteurs (source SOFRES) et une existence de près de 50 ans, « le Spectacle du Monde » affiche chaque mois un panorama de la France et de l’univers tout ensemble large et « pointu », d’une lucidité jamais démentie, qui fait de ses lecteurs les mieux informés des évolutions à venir. Dès lors, on comprendra aisément que j’aie les meilleures raisons de saluer les retrouvailles de tout un public jeune et intelligent avec Henry de Montherlant. En face tremblotent les vieilles barbes soixante-huitardes…
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