L'affaire (qui, si nous étions encore dans un État digne de ce nom, serait une affaire d'État) de la chanson française rampant sous bannière anglo-américaine au concours de l'Eurovision, à la fois montre le peu de cas que fait du rang de la France son actuel gouvernement et fournit l'une des raisons majeures du discrédit extraordinaire de son président dans l'opinion, qui n'avait pas compris en l'élisant qu'elle ne choisissait nullement le champion d'une nouvelle France fière et conquérante, mais le factotum docile d'intérêts (Bruxelles, Francfort, Washington, et j'en passe…) étrangers ou hostiles à ceux de notre pays. Ce qui nous conduit à penser que le seul slogan à retenir de la chienlit mythifiée de mai 68 est « Élections, piège à cons ! »
Non pas que l'Eurovision présente, à nos oreilles du moins, le moindre intérêt musical. De cette soupe fade et incolore de faux « tubes » préfabriqués à la demande, n'est jamais sortie aucune chanson capable de rivaliser avec l'authentique veine populaire et inspirée, d'ailleurs à peu près tarie aujourd'hui. Ce n'est pas d'Eurovision qu'il s'agit, ni même des malheureux qui s'improvisent valets de chambre de la culture Mickey-Mac Do, mais de ce lent et continu abaissement de la France qui n'a d'équivalent nulle part ailleurs : imagine-t-on un chanteur écossais ou gallois qui présenterait à l'Eurovision une chanson écrite en français ? Imagine-t-on la Russie mendiant en anglais cette médaille de plastique ? Voilà où nous en sommes ; et à en juger par l'absence totale de réaction, sinon celle de l'édredon sur lequel on s'assied, des responsables de cette triste guignolade, le spectacle ne fait que commencer. |