Un de mes correspondants aux Etats-Unis me signale d'innombrables citations dans la presse américaine du paragraphe que j'ai consacré à Charlton Heston dans les Cahiers du Cinéma d'abord, puis dans mon livre Sur un art ignoré (qui sera réédité en septembre prochain dans la collection de poche des Éditions Ramsay). L'idée que le « mac-mahonisme » diffusé par mes écrits est en train de s'installer définitivement dans les esprits, en particulier outre-Atlantique, doit sans doute faire souffrir quelques-uns des vieux cancrelats (vieux par l'âge ou la mentalité) qui grouillent encore sous certaines pierres tombales. Aussi, en fidèle disciple du divin Marquis (laquelle d'entre vous, mes très chères, pourrait en douter ?) je me fais un devoir de reproduire cet extrait d'un article du Time qui fait partie de la moisson médiatique recueillie par mon obligeant ami :
Appreciation: Charlton Heston
Sunday, Apr. 06, 2008 By RICHARD CORLISS
« Charlton Heston is an axiom », the French film critic Michel Mourlet famously wrote in a 1960 Cahiers du Cinema essay so acute and fervid that we have to quote a bit more of it. "He constitutes a tragedy in himself, his presence in any film being enough to instill beauty. The pent-up violence expressed by the somber phosphorescence of his eyes, his eagle's profile, the imperious arch of his eyebrows, the hard, bitter curve of his lips, the stupendous strength of his torso — this is what he has been given, and what not even the worst of directors can debase... Through him, mise en scène [a film's visual strategy] can confront the most intense of conflicts and settle them with the contempt of a god imprisoned, quivering with muted rage."
Ci-dessus : Charlton Heston |