 Je reviens de Combourg via Saint-Malo, autrement dit d'un pèlerinage sur les lieux où s'est formé le génie de Chateaubriand. Un autre motif m'y appelait : la reprise à Combourg de mon Impromptu de Lucerne créé l'an dernier au Festival Dumas. Cette rencontre, en 1832, entre le géniteur le plus complet, le plus universel (il y en a eu d'autres, mais moins puissants) du romantisme français et le plus turbulent de ses enfants, intrigue beaucoup les gens qui n'ont pas lu les Mémoires de Dumas père. D'où le succès de ce petit spectacle où j'ai mêlé au discours la musique admirable de Berlioz. La municipalité avait bien fait les choses, pour accueillir les artistes. Cette fois, ils ont pu se donner à fond sans être dérangés par un tintamarre de cloches comme dans la grande halle de Villers-Cotterêts… Les deux nouveaux interprètes, François Mougenot (Chateaubriand) et Émilie Moutin au piano, ont été magnifiques et dignes en tous points de leurs interlocuteurs, Jacques Mougenot et Sylvie Oussenko. De l'avis général, la carrière de cet Impromptu ne fait que commencer, ce dont nous nous réjouissons tous.
Ci-dessus : Emilie Moutin |