Tous les cinéphiles pour qui le septième art ne commence pas avec Spielberg et Scorsese vous le diront : le cinéma américain n'est plus ce qu'il était. Tout ce qu'il croit avoir gagné grâce à l'informatique et aux effets spéciaux, il semble bien qu'il l'ait perdu en inspiration, en grâce, bref : en génie. Et comme il arrive parfois, quand le génie fait place à un académisme des procédés, l'invention pour survivre se réfugie dans des complications labyrinthiques et absconses, surprenantes et belles à l'occasion, souvent lassantes, et vous avez des découpages sans queue ni tête, des gros plans d'une narine et d'un lobe d'oreille, ou David Lynch.
C'est alors qu'il faut revenir aux sources, à la simplicité, à l'enfance de l'art. Je viens de publier dans cet esprit, et parce que l'actualité s'y prête, un compendium de Cecil B., vie et œuvre, commandé et accueilli par le Spectacle du monde, décidément le plus intelligent et le plus beau magazine du paysage médiatique français. Mort il y a cinquante ans, DeMille y voisine curieusement avec De Chirico, pionnier lui aussi, dont l'ambition dernière et qui lui valut quelques sarcasmes assez sots fut, on le sait, de retrouver les secrets de la peinture des vieux maîtres. Un parcours en somme assez parallèle à celui du fondateur de Hollywood, inventeur du clair-obscur à l'écran et qui à la fin des années cinquante tournait des films où s'exprime son admiration avouée pour Griffith.
Ceux de mes lecteurs qui souhaiteraient prendre connaissance de la version initiale et complète de « Cecil B. DeMille, l'enfance de l'art » peuvent suivre ce lien :
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