Ainsi, les Ronchons ont encore frappé.
Je sais peu de choses du Club des Ronchons, encore moins que sur Al Kaïda. Des bruits, des rumeurs qui courent sur son compte, j'ai cependant attrapé au passage quelques bribes, sans être en mesure de les vérifier. Cette nébuleuse terroriste, où l'on aurait repéré d'anciens et toujours dangereux agitateurs tels que Jean Dutourd et Jean Tulard, aurait pris naissance en 1986, sous l'impulsion d'un jeune Gardien de la Réaction, plus farouchement attaché à un retour à l'obscurantisme médiéval que son modèle Oussama Ben Laden. Fondamentaliste illuminé, il répond au nom (ou au pseudonyme, peut-être ?) d'Alain Paucard, et aurait abandonné le « ben », signifiant « fils de », pour se fondre plus commodément dans la société française. Toujours en activité et à la tête du mouvement qu'il a créé, il a échappé jusqu‘à présent à toute les polices du monde civilisé, à telle enseigne que d'aucuns l'accusent de connivence avec les pouvoirs occidentaux, trop heureux qu'ils sont de brandir un prétexte sécuritaire et démocratique pour faire défiler leur soldatesque armée jusqu'aux dents, non seulement dans tous les recoins de la planète, mais aussi dans leurs propres lieux publics.
De même qu'Oussama, rasé de frais, dégusterait tranquillement tous les après-midi, paraît-t-il, un petit noir bien serré en fumant un bon cigare à sa terrasse préférée de la I3e Avenue, Alain Paucard, lui, siroterait dès dix heures du matin son ballon de chablis dans un troquet près de la Porte de Vanves. Quelques détails distinguent ainsi les deux « ennemis publics». Le plus notable est leur manière d'atteindre l'opinion. L'ayatollah Khomeiny, on s'en souvient, utilisait des cassettes sonores. Ben Laden envoie des enregistrements vidéo. Paucard, de loin le meilleur en matière de retour en arrière, se sert… de papier imprimé ! Certains assurent même qu'il va bientôt pousser le refus du progrès jusqu'à revenir aux manuscrits ornés d'enluminures. Pour le moment, il se contente de lancer des brûlots destinés à mettre le feu à Paris comme il l'a déjà fait ailleurs. Je ne crois pas trahir un très grand secret en révélant que le cyclone de La Nouvelle-Orléans, c'était lui ; les flammes qui faillirent récemment anéantir Athènes devenue trop moderne, c'était lui. Lisez donc, c'est urgent, Allez-y sans nous (L'Âge d'Homme, 19 €), pour savoir tout ce qu'il ne faut pas faire et tout ce qu'il faut faire si vous ne voulez pas voir votre trois pièces-cuisine, votre collection de vieilles montres ou votre grand-mère réduites en cendres. C'est un conseil d'ami.
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