| dimanche 09 septembre 2007, a 17:31 |
| L'IMPROMPTU DE LUCERNE |
Du bout de son Cotentin balayé par les vents, mon ami Patrice Dumby vient de me pianoter un courriel insolemment joyeux : « Vive la rentrée ! Moi qui depuis ma sortie du lycée n’avait jamais clairement distingué de frontière entre les vacances et les jours ouvrés, pour une fois j’en aperçois une : le soleil brille enfin sur la France au moment qu’elle se remet au travail ! »
Après avoir savouré comme il se devait le bel « au moment que », qui vous a une autre allure, on en conviendra, que le redondant « au moment où » de nos modernes, je me pris à songer que si l’ami Patrice (dont nous avons fêté cette année le quarante-deuxième anniversaire de la première apparition publique, dans un chapitre de Sur un art ignoré) n’avait pas choisi de gagner sa vie en travaillant du chapeau – et accessoirement de la plume – il aurait peut-être mieux compris la différence entre métro-boulot-dodo et bord de l’eau-dodo-pédalo.
Mais peu importe ! Me voilà glosant sur Dumby alors que je voulais vous entretenir de ma rentrée à moi, laborieuse s’il en fut. En fait, c’est Chateaubriand et Alexandre Dumas qui vont reprendre du service : ils se rencontreront le 20 octobre à Villers-Cotterêts, dans un court dialogue (une heure à peine) entremêlé de mélodies chantées : l’Impromptu de Lucerne, commande qui m’est arrivée cet été à l’improviste pour agrémenter, dans le cadre de « Lire en fête », les Journées culturelles et gastronomiques de la ville natale, non seulement du père de d’Artagnan, mais du français comme langue officielle du royaume.
Je me suis inspiré d’un bref récit de Dumas, qui relate sa visite à son illustre aîné en l’Hôtel de l’Aigle à Lucerne, en 1832. Chateaubriand sera interprété par Christian Baltauss, dont on ne compte plus les films et séries télévisées, et Dumas par Jacques Mougenot, qui joue actuellement en tournées l’Affaire Dussaert et la Fourmi et la Cigale. Les mélodies : les Nuits d’été de Berlioz sur des poèmes de Théophile Gautier, seront interprétées au piano par Ismène de Dampierre et chantées par la mezzo-soprano Sylvie Oussenko (qui les a récemment enregistrées avec des lieder de Wagner).
Dès que j’en saurai davantage sur l’organisation de la journée et de la soirée (qui s’achèvera, après la représentation, par un banquet) je ne manquerai pas d’en fournir les détails ici même, ainsi que dans ma prochaine émission du lundi 1er octobre (où je recevrai notamment mes deux musiciennes).
Liens : http://baltauss.ifrance.com
www.evene.fr/celebre/biographie/jacques-mougenot-25701.php
Ci-dessus : Chateaubriand.
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