| vendredi 26 octobre 2007, a 14:10 |
| Bonnes et mauvaises nouvelles |
Je vole vers la mondialisation compliquée avec des idées simples. Aussi suis-je inondé de mauvaises nouvelles politiques dont le rôle, semble-t-il, est de se substituer à la pluie du ciel : en particulier certaines apostasies prévisibles, l’alignement de la France (pis qu’un crime, on s’en apercevra bientôt, c’est une faute) sur le cow-boy qui tire dans tout ce qui bouge, notamment ses pieds, le tristement célèbre Jo Double Bûche ; ou encore la fraude électorale destinée à escamoter le vote négatif des Français sur la Constitution giscardienne (ne bourrons plus les urnes, jetons-les !), bref, en gros, le bradage accentué de notre vieille patrie au bénéfice du pire mondialisme apatride – attendu avec l’impatience qu’on devine par les nombreux descendants, toutes tendances confondues, de l’évêque Cauchon, des spéculateurs boursiers sur Waterloo et de Pierre Laval – , sous cette averse, donc, je ne trouve pour me consoler que des sujets de satisfaction, hélas, purement personnels. J’en mesure la frivolité.
D’abord, une missive du Pr Daniel Madelénat, le grand universitaire en quête des monstrances[1] – ou des masques – du moi et de l’intimité dans la littérature et les arts, gourou bienveillant (m’en voudra-t-il de cette hasardeuse définition de lui-même ?) au Centre de Recherches révolutionnaires et romantiques, rattaché à l’université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand. M’ayant fait l’honneur de lire mon « Venger Baudelaire » publié en juin dernier dans « le Spectacle du Monde », il me ferait presque rougir de confusion (si j’en étais encore capable) en qualifiant cette étude un peu hâtive, commandée la veille pour le lendemain ou peu s’en faut, de « brillante initiation pour un lecteur généraliste ». Je passe les autres compliments pour m’attarder un instant sur celui-ci. Rien n’est plus difficile en effet que d’intéresser un lecteur « généraliste » de magazine à un sujet culturel « pointu », exercice délicat qui fait trébucher les plus éminents spécialistes ; raison pour laquelle on les embauche rarement dans les journaux !
Autre plaisir : la lecture de « Cinq chemins secrets dans la nuit », cinq textes de Jean Parvulesco, réunis dans une plaquette (Éd. DUX) où, avec mon roman « Histoire d’un maléfice » (Marie Dorval et Vigny), je me retrouve en compagnie d’Ezra Pound, Mircéa Éliade et quelques autres. Et je dois reconnaître que le flamboiement nocturne du style parvulesquien éclaire à merveille, telle que je l’avais imaginée, la descente aux enfers de l’actrice et du poète. Signalons à cette occasion l'entretien de Christopher Gérard avec Parvulesco qui vient de paraître dans "La Presse littéraire" et rappelons l'adresse de l'excellent Journal en ligne de notre ami bruxellois : http://archaion.hautetfort.com/
Troisième consolation, et la dernière pour aujourd’hui : la réédition augmentée, prévue pour avril, de mon livre sur le cinéma rebaptisé pour la circonstance « Sur un art ignoré ou la Mise en Scène comme langage », dans la collection Poche de Ramsay. Les gardiens visqueux du cinématographiquement correct vont encore écumer ! Comme disait à Patrice Dumby une de ses petites amies, férue de métaphores potagères : « Laisse baver les limaces, mon chou ! »
Ci-dessus : "Comment dit-on man spricht deutsch en anglais ?" (Dessin paru à la Libération.)
[1] Je précise à l’attention de mes censeurs éventuels que je prends ce mot dans son sens étymologique premier et non dans celui de « reliquaire »
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