
Entre 2002 et 2004, j'ai travaillé à une curieuse entreprise : l'adaptation à l'écran d'une de mes pièces radiophoniques, « la Méditation au Jardin », consacrée à Le Nôtre, à sa pensée telle qu'on se la peut représenter à travers son œuvre, et à Versailles. Sujet apparemment aride, à mes yeux passionnant. Réalisé avec un très petit budget par la jeune cinéaste Corinne Garfin (dont les courts métrages sont couverts de récompenses dans les festivals internationaux), interprété par des comédiens professionnels – dont José Valverde, qui dirigeait alors le Théâtre Essaïon –, produit par Delcor Productions en partenariat avec les Éditions France Univers, ce film de 70 minutes appartient au genre bâtard de la « docufiction », tendance expérimentale (lumières entièrement naturelle… même à la tombée de la nuit éclairée aux bougies, bande son « brute de décoffrage » et un étonnant mouvement de grue opéré grâce à la Grande Roue des Tuileries). Un aspect « cinéma vérité » s'y superpose, puisque deux des personnages y jouent leur propre rôle : le directeur de théâtre et l'auteur de la pièce (votre serviteur). Après une avant-première à la S.A.C.D., notre film, sélectionné et présenté par le FIPA (festival international des programmes audiovisuels) et le FIDOC (d° de la fiction documentaire), fut retenu à tout hasard par « Thema » (les soirées thématiques d' Arte) qui n'en a encore rien fait, bien que, chargée de la postproduction, France Univers ait proposé à cette chaîne, dès le début de 2003, une soirée « Versailles » réunissant « l'Ordre vert » et « la Prise du pouvoir par Louis XIV » de Rossellini, ce qui semblait en effet une bonne idée.
Quoi qu'il en soit, « l'Ordre Vert », projeté en ouverture du Colloque international « Jardins et Intimité dans la littérature européenne » au Centre de recherches révolutionnaires et romantiques de l'Université de Clermont-Ferrand en 2006, est à présent commercialisé en DVD. D'ores et déjà, quelques grandes librairies spécialisées l'ont mis en vente à leur comptoir : la librairie du Jardin des Tuileries, entre autres, et celle du château de Vaux-le-Vicomte. On le trouve aussi sur les catalogues en ligne de Pardès et de France Univers (http://www.france-univers.com). Bizarrement, il semble qu'on ne le trouve pas encore à la librairie du château de Versailles, dont l'Établissement public, pourtant, avait fourni à la production une aide précieuse et substantielle en autorisant le tournage d'une partie du film dans le Parc pour une somme quasi symbolique, en rapport avec la modicité de nos moyens. (Le coût d'un tournage à Versailles dans des conditions normales est exorbitant.) Le film, il faut le souligner, avait également bénéficié du concours des Monuments historiques (tournage entièrement gratuit dans les jardin des Tuileries), du Théâtre Essaïon et de l'Université de Paris I. |