Un lecteur de ce Carnet me pose via le courriel dudit (moyen, ai-je remarqué, souvent préféré au « commentaire » sur l'agora) une question qui me paraît mériter une réponse publique : « Comment se fait-il que votre postface aux romans de Guy Dupré réédités en un volume par le Rocher ne soit pas signalée comme la reprise du chapitre que vous avez consacré à cet auteur dans Écrivains de France ? »
J'ai en effet été le premier surpris d'un tel « oubli », mais sans y attacher autrement d'importance, alors que Guy Dupré avait bien entendu demandé en bonne et due forme l'autorisation de reproduire ce texte appartenant aux Éditions Valmonde et Trédaniel. Sans doute, entre les mains d'un cabinet d'avocats américains, l'affaire aurait-elle rapporté quelques sous à mon éditeur et peut-être un peu à moi-même… Mais j'ai trop de chats à fouetter pour m'attarder sur ces médiocres embrouilles. La question serait donc à poser plutôt aux Éditions du Rocher. Si je m'étais formalisé chaque fois qu'on m'a emprunté un titre, volé une formule, attribué faussement une opinion, omis de citer mes éditeurs ou même carrément subtilisé un article, j'aurais passé ma vie au tribunal, et pour un bien maigre résultat.
Pour généraliser le propos, je crois qu'il y a un problème des sources en France. Cette nation si pointilleuse et si éprise de logique et de droit se contrefiche de précision, de clarté, voire de propriété dès qu'il s'agit de littérature et de pensée. On se retrouve brusquement dans la Cour des Miracles et il ne faut s'y hasarder qu'en serrant sa bourse intellectuelle très fort contre soi. |