Une sélection (ou un
rappel) de livres récents pour saluer notre langue
- Francophonie-Puissance,
l'équilibre multipolaire, par
Michel Guillou. Une prodigieuse machine géopolitique, économique et
culturelle qui dérange les Etats-Unis et inquiète l'Europe de Bruxelles,
mais dont les « élites » françaises n'ont encore compris ni
l'usage, ni le fonctionnement. Ellipses, Coll. « Mondes réels » dirigée par Aymeric Chauprade, 160 p.
- Proust,
par Pascal Ifri. L'aventure d'une vie entièrement passée à ressusciter le
temps qui passe, par un grand universitaire américain, spécialiste du
roman français du XXe siècle. Pardès, coll. « Qui suis-je ? », 128 p., 12 €.
- Vidocq,
par Michel Peyramaure. À la croisée de Mémoires moins apocryphes qu'il n'y
paraît et du roman populaire, une biographie haute en couleurs d'autrefois
dans un style d'aujourd'hui. Pour le cent cinquantenaire de la mort de
celui qui inspira Balzac et Hugo. Robert
Laffont, 384 p., 21 €.
- France,
Québec, Wallonie : même combat !, par Albert Salon. L'appel à
la résistance linguistique d'un militant de la francophonie, considérée
comme rempart contre l'impérialisme yankee
relayé par l'Europe. L'Harmattan,
198 p., 19 €.
- Chronique
buissonnière des années 50, par Philippe d'Hugues. Ces années-là,
l'auteur et ceux de son âge s'en souviennent : une époque mythique, fabuleuse
(au sens propre) où la France pensait, parlait et écrivait encore
librement, sans inquisiteurs embusqués, et… en français. Avons-nous
rêvé ? Fallois, 200 p., 20 €.
- Prévert,
portrait d'une vie, par Carole Aurouet. Un album d'images – et
quelles ! pour raconter le sale gosse et le grand enfant que fut
toute sa vie le poète, cela coulait de source, comme ses répliques de
cinéma. Ramsay, 245x285, 240 p.
- Vagabondages,
par Pol Vandromme. L'un des meilleurs critiques depuis La Bruyère, c'est-à-dire
portraitiste, cisèle en médaillons six douzaines de plumes contemporaines
qui ont compté pour lui. À la lumière de cette évidence toute crue :
« La littérature est l'affaire de quelques-uns et le commerce de la
librairie celle des corniauds innombrables. » Le Rocher, 252 p., 18 €.
- Fantôme
d'Orient, par Pierre Loti. Une belle préface documentée de Guy Dupré
recadre cette réédition du mélancolique et vaporeux chantre d'Aziyadé,
qu'un tribunal de sottise universitaire relègue encore au purgatoire des
Lettres. Qu'importe, puisque les lecteurs qui savent lire le dévorent avec
délices. Motifs (Le Rocher), 208 p.,
7 €.
- Pièces
farceuses, par Jean Anouilh. Quatre succès du plus grand et prolifique
auteur dramatique du XXe siècle, dont l'étonnant Nombril où nous applaudîmes Blier.
Autre réédition du même : l'inusable Antigone (128 p., 5,40
€). Les « anouilhiens »
novices regretteront juste l'absence de postface, voire d'un petit dossier,
pour situer ces chefs-d'œuvre. La
Table Ronde,« la Petite Vermillon »,416 p.,10 €.
|