
Le mensuel « Le Choc du mois » fut l'un des créneaux où se battit Jean Bourdier – à ne pas confondre avec le Bourdieu des bourdieuseries chuchotées dans les sacristies universitaires et dont on devra bien un jour examiner la violence symbolique qu'elles ontexercé sur notre appareil d'enseignement, pour en faire, hélas, ce qu'il est devenu –, Jean Bourdier dont on a en mémoire les prestations incisives à la télévision, dans la merveilleuse émission de Michel Polac « Droit de réponse », aux temps heureux et déjà presque immémoriaux où un minimum de liberté de pensée (liberté de pensée, le syntagme qui donne un haut-le-cœur à la Nomenklatura) était encore admis en douce France. Il faut tout de même que les jeunes gens d'aujourd'hui, qui trouvent sans doute normale la mésaventure de Siné à Charlie Hebdo, sachent qu'il y a un peu plus de trente ans, on pouvait faire un journal (Matulu) qui publiait côte à côte des propos d'Arno Breker, le sculpteur de Hitler, et des réflexions de Mao Tsé-Toung ; ou une émission dont l'animateur – de gauche – invitait régulièrement un critique réputé de la droite extrême. Mais non, je vous assure, ce n'est pas une galéjade, je l'ai vu de mes propres yeux ! Rêvons un instant que ce temps revienne : Olivier Besancenot accorde un entretien au « Choc du mois » pour dire ce qu'il pense du capitalisme sauvage, de l'horreur économique et du fric international ! Imaginons devant ce scandale l'armée des godillots intellectuels entrant en convulsions ! Ne nous croirions-nous pas en 1914, quand Barrès s'inclinait sur la tombe de Jaurès ?
Nous n'en sommes pas là. Ce magazine qui ne bêle pas avec les moutons de Panurge publie ce mois-ci un dossier sur le cinéma, au titre-catastrophe : « Le cinéma français à bout de souffle », auquel je crois qu'il eût été judicieux d'ajouter un point d'interrogation. Convié à y exprimer mon opinion sur le sujet, je défends en effet un point de vue très différent : il n'y a pas plus - ou pas moins - de crise dans le cinéma français en 2008 qu'à n'importe quelle autre époque, après 1918 par exemple avec l'effondrement de notre système de production face à la montée en puissance de Hollywood, ou en 1946… Et que dire des pays autrefois gros producteurs et qui, n'ayant pas su résister au rouleau compresseur américain, ne réalisent plus que quelques films chaque année, la plupart coproduits avec d'autres nations ? Où donc est passé ce fabuleux cinéma italien des années néoréalistes et de Cinecitta ? Voilà des points que j'aurais aimé aborder aussi, si j'avais disposé de plus d'espace et de temps. Mes trois pages d'un entretien réalisé à toute allure, et caviardé par manque de place, ne m'ont même pas permis de saluer au passage Alexandre Astruc, parmi les cinéastes français qui m'ont « ouvert les yeux » ! Aussi, chers visiteurs, si vous le souhaitez, vous pourrez lire l'intégralité de l'entretien en cliquant sur le lien :
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