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  <title>carnet de route</title>
  <description>carnet de route</description>
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   <title>Nouveau commentaire sur l&#039; &quot;Entretien&quot;</title>
   <description><![CDATA[ &nbsp;&nbsp; Mes r&eacute;ponses aux questions du mensuel &laquo;&nbsp;Le Choc du mois&nbsp;&raquo; sur le cin&eacute;ma fran&ccedil;ais continuent de susciter nombre de r&eacute;actions dont les plus int&eacute;ressantes m&eacute;riteraient d'&ecirc;tre publi&eacute;es. T&eacute;moin celle-ci, d'Antoine Katerji, qui se pr&eacute;sente ainsi&nbsp;: &laquo;&nbsp;Je pr&eacute;pare une th&egrave;se de doctorat &agrave; l'universit&eacute;&nbsp;Paris 7-Denis Diderot, en s&eacute;miologie du texte et de l'image, intitul&eacute;e &laquo;&nbsp;Louis Skorecki ou le macmahonisme perverti&nbsp;&raquo; ( titre trompeur puisqu'il est davantage question de l'&eacute;cole du Mac-Mahon que de Skorecki, qui n'est d'ailleurs &eacute;tudi&eacute; qu'en tant que disciple de ce mouvement).&nbsp;Cette th&egrave;se entend d&eacute;busquer, d&eacute;limiter, d&eacute;terminer&nbsp;ce qu'est la substantifique moelle de la th&eacute;orie&nbsp;macmahonienne,&nbsp;pour&nbsp;montrer en quoi, d'un strict point de vue ontologique (celui de&nbsp;l'essence du cin&eacute;ma), certaines th&eacute;ories qui se r&eacute;clament d'elle, qui croient en &ecirc;tre l'aboutissement, n'en sont que le d&eacute;voiement (c'est l&agrave; qu'intervient Skorecki, qui n'a rien de comparable avec un Lourcelles que je range dans la cat&eacute;gorie des macmahoniens "progressistes").&nbsp;&raquo;

&nbsp; 

&nbsp; &nbsp;Voici le commentaire de M. Katerji&nbsp;:

&nbsp;

&nbsp;&nbsp; &laquo; J'ai lu avec grand int&eacute;r&ecirc;t, et non sans un certain plaisir, l'entretien que vous avez accord&eacute; au mensuel &laquo;&nbsp;le Choc du mois&nbsp;&raquo;. On aurait&nbsp;&nbsp;pu d&eacute;plorer que celui qui vous a cuisin&eacute; (pardonnez moi l'expression) ait syst&eacute;matiquement cherch&eacute; &agrave; recadrer le d&eacute;bat autour du politique, de l'id&eacute;ologique et ce gros mot pour les partisans de l'international qu'est le nationalisme (en m&ecirc;me temps, le dossier portait en premier lieu sur le cin&eacute;ma fran&ccedil;ais, c'est donc lui faire un mauvais proc&egrave;s). Or ce serait ignorer que les mac-mahoniens, s'ils n'ont cure de la politique politicienne (d'o&ugrave; le fait qu'on retrouve dans la liste de leurs admirations aussi bien Losey et DeMille, aussi bien une victime direct du maccarthysme que son plus illustre z&eacute;lateur), ne font pas pour autant l'impasse sur les questions de territorialisation, de fronti&egrave;re g&eacute;ographique. Ainsi, lorsque vous citez Barr&egrave;s, l'auteur des D&eacute;racin&eacute;s, vous restez dans la droite ligne de l'&eacute;cole mac-mahonienne, dont vous f&ucirc;tes le th&eacute;oricien, fond&eacute;e autour de la croyance que le cin&eacute;ma est un art de la pr&eacute;sence, qui nous offre un contact direct avec la mati&egrave;re, avec le monde des &ecirc;tres et leur &ecirc;tre au monde. Or la mondanit&eacute; des situations d&eacute;peintes &agrave; l'&eacute;cran &ndash; ce que je nomme le cosmique de la situation &ndash; d&eacute;pend en premier lieu de la nationalit&eacute; de l'auteur, de la mani&egrave;re qu'il a en tant qu'homme du pays d'appr&eacute;hender un espace, de se le colleter, de le fa&ccedil;onner, de le ciseler, de le sanctifier, de le d&eacute;peindre (&laquo; le g&eacute;nie national est le g&eacute;nie du lieu&nbsp;&nbsp;- les sources, les for&ecirc;ts et les dieux qui les hantent &raquo;) et cette mani&egrave;re est elle-m&ecirc;me ancr&eacute;e, pour ne pas dire enracin&eacute;e, dans une historicit&eacute; (&laquo;&hellip; combin&eacute; avec la m&eacute;moire historique la plus longue &raquo;). Temps et espace, g&eacute;n&eacute;alogie et g&eacute;ologie ne faisant plus qu'un, le tout ramass&eacute; dans la c&eacute;l&egrave;bre formule barr&eacute;sienne &laquo; la terre des morts &raquo;.

&nbsp;&nbsp;Et cette id&eacute;e, elle parcourt en filigrane chacune de vos critiques &ndash; sans jamais que Barr&egrave;s soit appel&eacute;, ne serait-ce qu'une seule fois, &agrave; la rescousse.&nbsp;&nbsp;Je pense &agrave; votre &eacute;tude des films d' Ozu centr&eacute;e autour de l'id&eacute;e de l'acceptation de la vie telle qu'elle est, de la z&eacute;nitude face &agrave; la concr&eacute;tude des choses, fruit d'une longue tradition nippone, et qui se traduit visuellement &agrave; l'&eacute;cran par des plans fixes, aux dur&eacute;es cons&eacute;quentes, solidement ancr&eacute;s dans une r&eacute;alit&eacute; terrienne, terre &agrave; terre - que ce soit au niveau de l'&eacute;chelle des plans :&nbsp;&nbsp;les fameux plans tatamis, qu'au niveau du montage : les s&eacute;quences &eacute;tant entrecoup&eacute;es par des plans de coupe, g&eacute;n&eacute;ralement de nature morte &ndash; sans parler de l'organisation de la mati&egrave;re avec sa g&eacute;om&eacute;trie rassurante, le tout donnant une image de qui&eacute;tude, de relative tranquillit&eacute;, d' harmonie avec le monde &ndash; le &laquo;&nbsp;&nbsp;confort cosmique &raquo; dont vous parlez dans votre article.

&nbsp;&nbsp; Chez Lang, au contraire, l'espace est apollinien au possible, cadr&eacute;,&nbsp;&nbsp;ordonn&eacute;, orthonorm&eacute;, g&eacute;om&eacute;tris&eacute;, quadrill&eacute;, circonscrit&hellip;bref rationalis&eacute; jusqu'&agrave; le rendre op&eacute;ratoire et exploitable (et ce grand d&eacute;miurge de Lang ne s'en privera d'ailleurs pas). C'est la rigueur, le rigorisme allemand dans toute sa splendeur.&nbsp;&raquo; (A. Katerji)

Ci-dessus : Couverture de la r&eacute;&eacute;dition augment&eacute;e de Sur un art ignor&eacute; &agrave; para&icirc;tre en septembre.

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   <link>http://mourlet.blog.mongenie.com/index/p/2008/08/677931</link>
   <author>mourlet</author>
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  <pubDate>Wed, 13 Aug 2008 08:05:02 +0200</pubDate>
  </item><item>
   <title>Réponse à des lecteurs étonnés</title>
   <description><![CDATA[ &nbsp;&nbsp; L'entretien dont j'ai fait &eacute;tat dans mon "article" pr&eacute;c&eacute;dent ayant provoqu&eacute; de nombreuses r&eacute;actions (dont un commentaire auquel je r&eacute;ponds ici), je crois utile d'apporter quelques &eacute;claircissements qui peuvent s'adresser &agrave; l'ensemble de mes lecteurs :&nbsp;

"Je comprends votre &eacute;tonnement, et j'aurais beaucoup d'explications, au demeurant fort diverses, &agrave; fournir pour &eacute;clairer mes propos. Sans entrer dans le d&eacute;tail : 1) faute de temps et peut-&ecirc;tre d'app&eacute;tit, je ne me rends plus que tr&egrave;s rarement dans une salle de cin&eacute;ma et ne vois les films que sur le petit &eacute;cran, d'o&ugrave; une visibilit&eacute; consid&eacute;rablement amoindrie de la mise en sc&egrave;ne dans son ensemble au profit de toute la partie sc&eacute;naristique et du seul jeu des acteurs. 2) Je ne professe plus comme &agrave; vingt ans qu'il n'existe en art que le sublime ou le nul, position d'ailleurs, &agrave; l'&eacute;poque, d&eacute;j&agrave; volontairement excessive et surtout tactique. 3) Le concept de "fascination" ne s'est jamais appliqu&eacute; sauf exceptions rarissimes &agrave; la com&eacute;die,&nbsp;&agrave; la satire,&nbsp;au burlesque, genres que j'ai toujours tenus en haute estime mais qui n'entraient pas dans le champ de nos "d&eacute;couvertes". Par ailleurs, je ne connais pas les films dont vous souhaiteriez que je vous dise ce qu'ils m'inspirent. En revanche, un film r&eacute;cent (2004)&nbsp;que j'aurais d&ucirc; citer et que je trouve admirable, c'est "le Pont des Arts" d'Eug&egrave;ne Green.

En ce qui concerne le "g&eacute;nie national", je me suis born&eacute; &agrave; r&eacute;pondre &agrave; la question pr&eacute;cise qui m'&eacute;tait pos&eacute;e. Loin de moi l'id&eacute;e de nier l'importance de l'enracinement r&eacute;gional, ou de l'inspiration campagnarde, ou marine, ou urbaine, etc. Mon invocation au "g&eacute;nie du lieu" en t&eacute;moigne. Je voulais surtout r&eacute;cuser les&nbsp;amalgames fond&eacute;s sur de grandes entit&eacute;s abstraites, l'Europe notamment. De m&ecirc;me on ne peut parler de musique d'Extr&ecirc;me-Orient&nbsp; d&egrave;s lors que l'on conna&icirc;t l'ab&icirc;me qui s&eacute;pare la musique japonaise de la chinoise..."&nbsp;&nbsp; .&nbsp; 

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   <link>http://mourlet.blog.mongenie.com/index/p/2008/08/677820</link>
   <author>mourlet</author>
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  <pubDate>Tue, 12 Aug 2008 23:56:37 +0200</pubDate>
  </item><item>
   <title>Le cinéma français à bout de souffle ?</title>
   <description><![CDATA[ &nbsp;

&nbsp;&nbsp; Le mensuel &laquo;&nbsp;Le Choc du mois&nbsp;&raquo; fut l'un des cr&eacute;neaux o&ugrave; se battit Jean Bourdier &ndash; &agrave; ne pas confondre avec le Bourdieu des bourdieuseries chuchot&eacute;es dans les sacristies universitaires et dont on devra&nbsp; bien un jour examiner la violence symbolique qu'elles ontexerc&eacute; sur notre appareil d'enseignement, pour en faire, h&eacute;las,&nbsp; ce qu'il est devenu &ndash;, Jean Bourdier dont on a en m&eacute;moire les prestations incisives &agrave; la t&eacute;l&eacute;vision, dans la merveilleuse &eacute;mission de Michel Polac &laquo;&nbsp;Droit de r&eacute;ponse&nbsp;&raquo;, aux temps &nbsp;heureux et d&eacute;j&agrave; presque imm&eacute;moriaux o&ugrave; un minimum de libert&eacute; de pens&eacute;e (libert&eacute; de pens&eacute;e, le syntagme qui donne un haut-le-c&oelig;ur &agrave; la Nomenklatura) &eacute;tait encore admis en douce France. Il faut tout de m&ecirc;me que les jeunes gens d'aujourd'hui, qui trouvent sans doute normale la m&eacute;saventure de Sin&eacute; &agrave; Charlie Hebdo, sachent qu'il y a un peu plus de trente ans, on pouvait faire un journal (Matulu) qui publiait c&ocirc;te &agrave; c&ocirc;te des propos d'Arno Breker, le sculpteur de Hitler, et des r&eacute;flexions de Mao Ts&eacute;-Toung&nbsp;; ou une &eacute;mission dont l'animateur &ndash; de gauche &ndash; invitait r&eacute;guli&egrave;rement un critique r&eacute;put&eacute; de la droite extr&ecirc;me. Mais non, je vous assure, ce n'est pas une gal&eacute;jade, je l'ai vu de mes propres yeux&nbsp;! R&ecirc;vons un instant que ce temps revienne&nbsp;: Olivier Besancenot accorde un entretien au &laquo;&nbsp;Choc du mois&nbsp;&raquo; pour dire ce qu'il pense du capitalisme sauvage, de l'horreur &eacute;conomique et du fric international&nbsp;! Imaginons devant ce scandale l'arm&eacute;e des godillots intellectuels entrant en convulsions&nbsp;! Ne nous croirions-nous pas en 1914, quand Barr&egrave;s s'inclinait sur la tombe de Jaur&egrave;s&nbsp;?

&nbsp;&nbsp; Nous n'en sommes pas l&agrave;. Ce magazine qui ne b&ecirc;le pas avec les moutons de Panurge publie ce mois-ci un dossier sur le cin&eacute;ma, au titre-catastrophe&nbsp;: &laquo;&nbsp;Le cin&eacute;ma fran&ccedil;ais &agrave; bout de souffle&nbsp;&raquo;, auquel&nbsp; je crois qu'il e&ucirc;t &eacute;t&eacute; judicieux d'ajouter un point d'interrogation. Convi&eacute; &agrave; y exprimer mon opinion sur le sujet, je d&eacute;fends en effet un point de vue tr&egrave;s diff&eacute;rent&nbsp;: il n'y a pas plus - ou pas moins - de crise dans le cin&eacute;ma fran&ccedil;ais en 2008 qu'&agrave; n'importe quelle autre &eacute;poque, apr&egrave;s 1918 par exemple avec&nbsp; l'effondrement de notre syst&egrave;me de production face &agrave; la mont&eacute;e en puissance de Hollywood, ou en 1946&hellip; Et que dire des pays autrefois gros producteurs et qui, n'ayant pas su r&eacute;sister au rouleau compresseur am&eacute;ricain, &nbsp;ne r&eacute;alisent plus que quelques films chaque ann&eacute;e, la plupart coproduits avec d'autres nations&nbsp;? O&ugrave; donc est pass&eacute; ce fabuleux cin&eacute;ma italien des ann&eacute;es n&eacute;or&eacute;alistes et de Cinecitta&nbsp;? Voil&agrave; des points que j'aurais aim&eacute; aborder aussi, si j'avais dispos&eacute; de plus d'espace et de temps. Mes trois pages d'un entretien r&eacute;alis&eacute; &agrave; toute allure, et caviard&eacute; par manque de place, ne m'ont m&ecirc;me pas permis de saluer au passage Alexandre Astruc, parmi les cin&eacute;astes fran&ccedil;ais qui m'ont &laquo;&nbsp;ouvert les yeux&nbsp;&raquo;&nbsp;! Aussi, chers visiteurs, si vous le souhaitez, vous pourrez lire l'int&eacute;gralit&eacute; de l'entretien en cliquant sur le lien&nbsp;: 

http://papiersenligne.spaces.live.com/?_c11_BlogPart_BlogPart=blogview&amp;_c=BlogPart&amp;partqs=amonth%3d7%26ayear%3d2008
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   <link>http://mourlet.blog.mongenie.com/index/p/2008/08/672704</link>
   <author>mourlet</author>
   <guid isPermaLink="true">http://mourlet.blog.mongenie.com/index/p/2008/08/672704</guid>
  <pubDate>Fri, 01 Aug 2008 22:37:37 +0200</pubDate>
  </item><item>
   <title>&quot;Charlton Heston est un axiome&quot;</title>
   <description><![CDATA[ &nbsp;&nbsp; Un de mes correspondants aux Etats-Unis me signale d'innombrables citations dans la presse am&eacute;ricaine du paragraphe que j'ai consacr&eacute; &agrave; Charlton Heston dans les Cahiers du Cin&eacute;ma d'abord, puis dans mon livre Sur un art ignor&eacute; (qui sera r&eacute;&eacute;dit&eacute; en septembre prochain dans la collection&nbsp; de poche des &Eacute;ditions Ramsay). L'id&eacute;e que le &laquo;&nbsp;mac-mahonisme&nbsp;&raquo; diffus&eacute; par mes &eacute;crits est en train de s'installer d&eacute;finitivement dans les esprits, en particulier outre-Atlantique, doit sans doute faire souffrir quelques-uns des vieux cancrelats (vieux par l'&acirc;ge ou la mentalit&eacute;) qui grouillent encore sous certaines pierres tombales. Aussi, en fid&egrave;le disciple du divin Marquis (laquelle d'entre vous, mes tr&egrave;s ch&egrave;res, pourrait en douter&nbsp;?) je me fais un devoir de reproduire cet extrait d'un article du Time qui fait partie de la moisson m&eacute;diatique recueillie par mon obligeant ami&nbsp;:

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Appreciation: Charlton Heston

Sunday, Apr. 06, 2008 By RICHARD CORLISS 

&nbsp;

&nbsp;&laquo;&nbsp;Charlton Heston is an axiom&nbsp;&raquo;, the French film critic Michel Mourlet famously wrote in a 1960 Cahiers du Cinema essay so acute and fervid that we have to quote a bit more of it. "He constitutes a tragedy in himself, his presence in any film being enough to instill beauty. The pent-up violence expressed by the somber phosphorescence of his eyes, his eagle's profile, the imperious arch of his eyebrows, the hard, bitter curve of his lips, the stupendous strength of his torso &mdash; this is what he has been given, and what not even the worst of directors can debase... Through him, mise en sc&egrave;ne [a film's visual strategy] can confront the most intense of conflicts and settle them with the contempt of a god imprisoned, quivering with muted rage."



&nbsp;

Ci-dessus&nbsp;:&nbsp;Charlton Heston&nbsp;
 ]]></description>
   <link>http://mourlet.blog.mongenie.com/index/p/2008/06/650134</link>
   <author>mourlet</author>
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  <pubDate>Mon, 16 Jun 2008 14:30:11 +0200</pubDate>
  </item><item>
   <title>Contre-subversion culturelle</title>
   <description><![CDATA[ Alert&eacute; par Christopher G&eacute;rard, le Bruxellois le mieux inform&eacute; de France, je me suis rendu sur un Journal en ligne intitul&eacute; &laquo;&nbsp;l'Art contemporain dissident&nbsp;&raquo; qui vient de publier une &laquo;&nbsp;bibliographie chronologique, pour mieux comprendre le d&eacute;bat fran&ccedil;ais sur l'art contemporain&nbsp;&raquo;, &eacute;tablie par Laurent Danchin. Avant d'y &laquo;&nbsp;jeter un &oelig;il&nbsp;&raquo; selon l'horrible raccourci chirurgical que l'on emploie aujourd'hui, je lis un commentaire qui s'y trouve accroch&eacute; et me concerne. On s'y &eacute;tonne de ne point trouver mention de mes livres sur le sujet, ni du magazine mensuel qui a milit&eacute; sur ce cr&eacute;neau durant trois ann&eacute;es sous ma houlette, ce qui m'a valu un ostracisme imm&eacute;diat dont les effets &ndash; la preuve&nbsp;! &ndash; se font encore sentir. Ce sympathique lecteur qui ne livre que son pr&eacute;nom a donc la m&eacute;moire longue, car de nos jours un clou chasse l'autre &agrave; la vitesse de l'&eacute;clair. Il se souvient de ce &laquo;&nbsp;Matulu&nbsp;&raquo;, format tablo&iuml;d, qui tirait &agrave; 15&nbsp;000 exemplaires diffus&eacute;s dans tous les kiosques, auquel collabor&egrave;rent Montherlant, Dutourd, Jacques Laurent, Fraigneau , Morand, J&uuml;nger, Chapelain-Midy, Savignac et tant d'autres signatures illustres accompagnant comme une haie d'honneur &laquo;&nbsp;les 4 v&eacute;rit&eacute;s&nbsp;&raquo; du juv&eacute;nile octog&eacute;naire Henri H&eacute;raut.

&nbsp;&nbsp; Je me console de mon absence en constatant que je m'y languis en bonne compagnie&nbsp;: Pas un mot sur le plus grand promoteur de la controverse&nbsp;: Salvador Dali et ses &laquo;&nbsp;Cocus du vieil art moderne&nbsp;&raquo;, rien sur G&eacute;rald Messadi&eacute; et sa fameuse &laquo;&nbsp;Messe de saint Picasso&nbsp;&raquo;, rien sur &laquo;&nbsp;Art et Anarchie&nbsp;&raquo; publi&eacute; chez Gallimard en 1988 par le grand esth&eacute;ticien anglais Edgar Wind, rien sur &laquo;&nbsp;Comme le sable entre les doigts&nbsp;&raquo;, souvenirs &eacute;clairants de Chapelain-Midy, rien sur &laquo;&nbsp;la Peinture aux abois&nbsp;&raquo; de Ren&eacute;-Jean Clot&hellip; Il existe aussi des contributions au d&eacute;bat particuli&egrave;rement&nbsp; int&eacute;ressantes de Roger Caillois, qu'il faudrait remettre au jour. Une bibliographie non exclusive ne pourrait-elle aussi&nbsp; accueillir un roman tel que &laquo;&nbsp;l'Empire des nuages&nbsp;&raquo; de Fran&ccedil;ois Nourissier ou une pi&egrave;ce de th&eacute;&acirc;tre beaucoup plus centr&eacute;e sur la question que nombre d'essais pris en compte&nbsp;: &laquo;&nbsp;Art&nbsp;&raquo; de Yasmina Reza&nbsp;? 

&nbsp;&nbsp; En revanche, mon &laquo;&nbsp;redresseur de torts&nbsp;&raquo; y va un peu fort &agrave; propos de Jean Clair, en avan&ccedil;ant que je l'ai pr&eacute;c&eacute;d&eacute; de trente ans. Il est vrai que ses positions ont &eacute;t&eacute; connues, me semble-t-il, surtout &agrave; partir des ann&eacute;es 90, mais je d&eacute;couvre dans la bibliographie de Laurent Danchin un article de Clair (in la N.R.F.) dat&eacute; de 1968&nbsp;!

&nbsp;&nbsp; PS&nbsp;: Mes visiteurs qui souhaiteraient conna&icirc;tre les livres o&ugrave; je traite de l'anti-art sous ses multiples formes peuvent consulter ma bibliographie dans l'Encyclop&eacute;die Larousse&nbsp;: 

http://www.larousse.fr/LaroussePortail/encyclo/XHTML/EUL.Online/explorer.aspx

&nbsp;&laquo;&nbsp;l'Art contemporain dissident&nbsp;&raquo;&nbsp;: http://art-contemporain-dissident.blogspot.com/

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Ci-dessus&nbsp;: Salvador Dali, auteur des &laquo;&nbsp;Cocus du vieil art moderne&nbsp;&raquo;.
 ]]></description>
   <link>http://mourlet.blog.mongenie.com/index/p/2008/06/645670</link>
   <author>mourlet</author>
   <guid isPermaLink="true">http://mourlet.blog.mongenie.com/index/p/2008/06/645670</guid>
  <pubDate>Sun, 08 Jun 2008 11:26:05 +0200</pubDate>
  </item><item>
   <title>Jusqu&#039;où descendrons-nous ?</title>
   <description><![CDATA[ &nbsp;&nbsp; L'affaire (qui,&nbsp; si nous &eacute;tions encore dans un &Eacute;tat digne de ce nom, serait une affaire d'&Eacute;tat) de la chanson fran&ccedil;aise&nbsp; rampant sous&nbsp; banni&egrave;re anglo-am&eacute;ricaine au concours de l'Eurovision, &agrave; la fois montre le peu de cas que fait du rang de la France son actuel gouvernement et fournit l'une des raisons majeures du discr&eacute;dit extraordinaire de son pr&eacute;sident dans l'opinion, qui n'avait pas compris en l'&eacute;lisant qu'elle ne choisissait nullement le champion d'une nouvelle France fi&egrave;re et conqu&eacute;rante, mais le factotum docile d'int&eacute;r&ecirc;ts (Bruxelles, Francfort, Washington, et j'en passe&hellip;) &eacute;trangers ou hostiles &agrave; ceux de notre pays. Ce qui nous conduit &agrave; penser que le seul slogan &agrave; retenir de la chienlit mythifi&eacute;e de mai 68 est &laquo;&nbsp;&Eacute;lections, pi&egrave;ge &agrave; cons&nbsp;!&nbsp;&raquo; 

&nbsp;&nbsp; Non pas que l'Eurovision pr&eacute;sente, &agrave; nos oreilles du moins, le moindre int&eacute;r&ecirc;t musical. De cette soupe fade et incolore de faux &laquo;&nbsp;tubes&nbsp;&raquo; pr&eacute;fabriqu&eacute;s &agrave; la demande, n'est jamais sortie aucune chanson capable de rivaliser avec l'authentique veine populaire et inspir&eacute;e, d'ailleurs &agrave; peu pr&egrave;s tarie aujourd'hui. Ce n'est pas d'Eurovision qu'il s'agit, ni m&ecirc;me des malheureux qui s'improvisent valets de chambre de la culture Mickey-Mac Do, mais de ce lent et continu abaissement de la France qui n'a d'&eacute;quivalent nulle part ailleurs&nbsp;: imagine-t-on un chanteur &eacute;cossais ou gallois qui pr&eacute;senterait &agrave; l'Eurovision une chanson &eacute;crite en fran&ccedil;ais&nbsp;? &nbsp;Imagine-t-on la Russie mendiant en anglais cette m&eacute;daille de plastique ? Voil&agrave; o&ugrave; nous en sommes&nbsp;; et &agrave; en juger par l'absence totale de r&eacute;action, sinon celle de l'&eacute;dredon sur lequel on s'assied, des responsables de cette triste guignolade, le spectacle ne fait que commencer. &nbsp;&nbsp;&nbsp;
 ]]></description>
   <link>http://mourlet.blog.mongenie.com/index/p/2008/05/637012</link>
   <author>mourlet</author>
   <guid isPermaLink="true">http://mourlet.blog.mongenie.com/index/p/2008/05/637012</guid>
  <pubDate>Thu, 22 May 2008 22:42:36 +0200</pubDate>
  </item><item>
   <title>Néron ne veut pas mourir</title>
   <description><![CDATA[ Une &eacute;tudiante de l'Universit&eacute; du Sud&nbsp; Toulon-Var m'envoie un m&eacute;moire de ma&icirc;trise (ou plus exactement de cette ma&icirc;trise &eacute;court&eacute;e que les franglophones &agrave; la bourse lexicale en peau de chagrin nomment grotesquement &laquo;&nbsp;master&nbsp;&raquo; et qui, si l'on tient &agrave; diff&eacute;rencier ce dipl&ocirc;me de la ma&icirc;trise, porte en fran&ccedil;ais un nom beaucoup plus agr&eacute;able &agrave; lire puisqu'il rejoint la cohorte des &laquo;&nbsp;st&egrave;re&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;monast&egrave;re&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;phalanst&egrave;re&nbsp;: &laquo;&nbsp;mast&egrave;re&nbsp;&raquo;), un m&eacute;moire, donc, intitul&eacute;&nbsp;: Deux images de N&eacute;ron &agrave; la fin du XXe si&egrave;cle (M. Mourlet, 1963,1987&nbsp;; P. Grimal, 1995). 

&nbsp;&nbsp; L'id&eacute;e est astucieuse&nbsp;: confronter deux portraits du m&ecirc;me personnage historique ex&eacute;cut&eacute;s, l'un par un historien, l'autre par un auteur dramatique, c'est-&agrave;-dire par deux peintres qui ne disposent ni des m&ecirc;mes pinceaux ni des m&ecirc;mes couleurs, ne peut qu'allumer davantage de facettes sur le visage ainsi recompos&eacute;. Certes, la base chimique des couleurs est identique&nbsp;: un peu de Tacite, beaucoup de Su&eacute;tone. Mais Pierre Grimal s'est pench&eacute; sur l'existence enti&egrave;re de l'empereur tandis que je me suis limit&eacute; &agrave; ses derniers instants et ses derni&egrave;res pens&eacute;es. Pour ce faire, je me le suis, si je puis dire, incorpor&eacute;, comme dans les cas de possession d&eacute;moniaque familiers aux exorcistes de cin&eacute;ma. N&eacute;ron a rican&eacute; et hurl&eacute; d'effroi par ma bouche comme la grosse voix obsc&egrave;ne que l'on sait par les l&egrave;vres de l'enfant habit&eacute;e.&nbsp; 

&nbsp;&nbsp; Cette pi&egrave;ce, la Mort de N&eacute;ron, conna&icirc;t un destin singulier. J'en ai &agrave; plusieurs reprises racont&eacute; l'origine, notamment en 2001 dans la revue Contrelitt&eacute;rature&nbsp;: une &laquo;&nbsp;carte blanche&nbsp;&raquo; que m'avait confi&eacute;e France III en 1963, apr&egrave;s la publication de mon premier roman, &agrave; la grande &eacute;poque o&ugrave; ce qui &eacute;tait encore la R.T.F pouvait rivaliser avec la BBC dans le domaine des cr&eacute;ations dramatiques. Puis l'enregistrement, particuli&egrave;rement impressionnant gr&acirc;ce &agrave; la mise en ondes sonore et musicale d'&Eacute;l&eacute;onore Cramer (m&egrave;re de l'actuel directeur du Th&eacute;&acirc;tre 14, Emmanuel Dechartre) fut diffus&eacute; &agrave; Rome, l'ann&eacute;e suivante si mes souvenirs ne me trahissent pas trop, dans l'enceinte magnifique de la Domus Aurea, le palais de N&eacute;ron. Un quart de si&egrave;cle plus tard,&nbsp;elle &eacute;tait&nbsp;publi&eacute;e dans un recueil de trois de mes pi&egrave;ces, avec une postface &laquo;&nbsp;m&eacute;tahistorique&nbsp;&raquo; de Jean Parvulesco. Recueil couronn&eacute; par le jury th&eacute;&acirc;tral le plus prestigieux qui f&ucirc;t &agrave; l'&eacute;poque. Vers le milieu des ann&eacute;es 90,&nbsp; elle attire l'attention de Max Naldini qui envisage de la monter au Th&eacute;&acirc;tre de Levallois. Il me montra m&ecirc;me les costumes qu'il destinait aux personnages&nbsp;; mais le projet resta en suspens et Max Naldini quitta la direction du th&eacute;&acirc;tre.&nbsp; 

&nbsp;&nbsp; En 1996, Daniel Aranjo professeur des universit&eacute;s, essayiste et po&egrave;te, auquel on doit une biographie critique de Paul-Jean Toulet (&eacute;ditions Marrimpouey, 2 Place de la Lib&eacute;ration, 64000 Pau ; toujours disponible) qui

&nbsp;a beaucoup contribu&eacute; &agrave; l'actuelle reconnaissance de l'auteur des Contrerimes, donne &agrave; la revue belge Anta&iuml;os une &eacute;tude p&eacute;n&eacute;trante&nbsp;: &laquo;&nbsp;Relire la Mort de N&eacute;ron&nbsp;&raquo;, suivie en 2004 d'une longue et pertinente analyse de la m&ecirc;me pi&egrave;ce, en contribution au colloque international "Pr&eacute;sence de Su&eacute;tone" organis&eacute; par l'Universit&eacute; de Clermont-Ferrand. Auparavant, en 2001, publication d'un dossier de Contrelitt&eacute;rature consacr&eacute; &agrave; mes ouvrages dramatiques, o&ugrave; Alain Santacreu &eacute;voquait N&eacute;ron.&nbsp;Puis, l'hebdomadaire en ligne Incitatus&nbsp; l'&eacute;tudie &agrave; son tour en 2007, sous la plume du passionn&eacute; d'Antiquit&eacute; qu'est, me dit-on, Andr&eacute; Murcie. 
&nbsp;&nbsp; Ainsi, par ce ph&eacute;nom&egrave;ne de r&eacute;surgences successives qui s'attache &agrave; certaines &oelig;uvres pr&eacute;sum&eacute;es secr&egrave;tes, ph&eacute;nom&egrave;ne qu'Andr&eacute; Fraigneau appelait &laquo;&nbsp;les rails magiques&nbsp;&raquo;, le cheminement tant&ocirc;t souterrain, tant&ocirc;t &agrave; l'air libre de la Mort de N&eacute;ron d&eacute;bouche aujourd'hui&nbsp; en plein c&oelig;ur d'une universit&eacute; m&eacute;diterran&eacute;enne. Les rails magiques connaissent aussi les virages et peuvent revenir &agrave; la source.&nbsp;&nbsp;

LIENS&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;

&nbsp;Incitatus : www.littera.incitatus.ifrance.com

&nbsp;Contrelitt&eacute;rature :&nbsp;

http://talvera.hautetfort.com/
&nbsp;
Ci-dessus : buste de N&eacute;ron.

 ]]></description>
   <link>http://mourlet.blog.mongenie.com/index/p/2008/05/632329</link>
   <author>mourlet</author>
   <guid isPermaLink="true">http://mourlet.blog.mongenie.com/index/p/2008/05/632329</guid>
  <pubDate>Thu, 15 May 2008 07:13:38 +0200</pubDate>
  </item><item>
   <title>Mort de Georges Laffly</title>
   <description><![CDATA[ Il en est de certaines morts comme de certaines vies&nbsp;: elles apparaissent insupportables. Et plus encore lorsqu'on met les deux en balance&nbsp;: pourquoi, &agrave; tel imb&eacute;cile rampant, r&eacute;pugnant et nuisible (ne me demandez pas qui, ils sont l&eacute;gion dans la m&eacute;diasph&egrave;re et d'ailleurs se reconna&icirc;tront en me lisant) est-il permis de respirer, tandis que tel prince par l'intelligence, le talent, l'&eacute;l&eacute;gance morale, se voit&nbsp; d&eacute;capiter par la Faucheuse&nbsp;? La mort frappe au hasard, les meilleurs comme les pires, et cet &eacute;galitarisme aveugle, inexcusable, qui r&eacute;jouit les morales d'esclaves (comme disait Nietzsche), devrait horrifier malgr&eacute; tout &nbsp;nos amis oublieux de nos sources murmurantes, &eacute;gar&eacute;s dans la mythologie du d&eacute;sert. 

&nbsp;&nbsp; Georges Laffly &eacute;tait l'un de ces princes, et l'abominable loi biologique, si elle avait une conscience et qui s'int&eacute;ress&acirc;t &agrave; nous, aurait d&ucirc; pour le moins le laisser vivre encore quinze ans, le temps pour lui d'achever son &oelig;uvre et de dispenser un peu plus la gr&acirc;ce de son immense culture aux esprits disponibles &agrave; l'ensemencement. 

&nbsp;&nbsp; Laffly &eacute;tait capable de citer avec un respect &eacute;clair&eacute; aussi bien Guy Debord que Jacques Perret, Nietzsche et&nbsp; Julien l'Apostat que saint Thomas d'Aquin, et sa fid&eacute;lit&eacute; &agrave; Andr&eacute; Fraigneau, prince des cygnes et signe (de ralliement) des princes de l'esprit au XXe si&egrave;cle, pourrait suffire &agrave; sa gloire. Je lui garde une infinie reconnaissance de m'avoir confi&eacute;, pour Andr&eacute; Fraigneau, le Livre du Centenaire, l'un de ses textes les plus profonds en pleine lumi&egrave;re.

Ci-dessus : Guy Debord (1931-1994)
 ]]></description>
   <link>http://mourlet.blog.mongenie.com/index/p/2008/05/625163</link>
   <author>mourlet</author>
   <guid isPermaLink="true">http://mourlet.blog.mongenie.com/index/p/2008/05/625163</guid>
  <pubDate>Thu, 01 May 2008 13:09:44 +0200</pubDate>
  </item><item>
   <title>Au tourniquet du libraire</title>
   <description><![CDATA[ Une s&eacute;lection (ou un
rappel) de livres r&eacute;cents pour saluer notre langue 


&nbsp;


Francophonie-Puissance,
     l'&eacute;quilibre multipolaire, par
     Michel Guillou. Une prodigieuse machine g&eacute;opolitique, &eacute;conomique et
     culturelle qui d&eacute;range les Etats-Unis et inqui&egrave;te l'Europe de Bruxelles,
     mais dont les &laquo;&nbsp;&eacute;lites&nbsp;&raquo; fran&ccedil;aises n'ont encore compris ni
     l'usage, ni le fonctionnement. Ellipses, Coll. &laquo;&nbsp;Mondes r&eacute;els&nbsp;&raquo; dirig&eacute;e par Aymeric Chauprade, 160 p.
Proust,
     par Pascal Ifri. L'aventure d'une vie enti&egrave;rement pass&eacute;e &agrave; ressusciter le
     temps qui passe, par un grand universitaire am&eacute;ricain, sp&eacute;cialiste du
     roman fran&ccedil;ais du XXe si&egrave;cle. Pard&egrave;s, coll. &laquo;&nbsp;Qui suis-je&nbsp;?&nbsp;&raquo;, 128 p., 12 &euro;.
Vidocq,
     par Michel Peyramaure. &Agrave; la crois&eacute;e de M&eacute;moires moins apocryphes qu'il n'y
     para&icirc;t et du roman populaire, une biographie haute en couleurs d'autrefois
     dans un style d'aujourd'hui. Pour le cent cinquantenaire de la mort de
     celui qui inspira Balzac et Hugo. Robert
     Laffont, 384 p., 21 &euro;.
France,
     Qu&eacute;bec, Wallonie&nbsp;: m&ecirc;me combat&nbsp;!, par Albert Salon. L'appel &agrave;
     la r&eacute;sistance linguistique d'un militant de la francophonie, consid&eacute;r&eacute;e
     comme rempart contre l'imp&eacute;rialisme yankee
     relay&eacute; par l'Europe. L'Harmattan,
     198 p., 19 &euro;.
Chronique
     buissonni&egrave;re des ann&eacute;es 50, par Philippe d'Hugues. Ces ann&eacute;es-l&agrave;,
     l'auteur et ceux de son &acirc;ge s'en souviennent&nbsp;: une &eacute;poque mythique, fabuleuse
     (au sens propre) o&ugrave; la France pensait, parlait et &eacute;crivait encore
     librement, sans inquisiteurs embusqu&eacute;s, et&hellip; en fran&ccedil;ais. Avons-nous
     r&ecirc;v&eacute;&nbsp;? Fallois, 200 p., 20 &euro;.
Pr&eacute;vert,
     portrait d'une vie, par Carole Aurouet. Un album d'images &ndash; et
     quelles&nbsp;! pour raconter le sale gosse et le grand enfant que fut
     toute sa vie le po&egrave;te, cela coulait de source, comme ses r&eacute;pliques de
     cin&eacute;ma. Ramsay, 245x285, 240 p.
Vagabondages,
     par Pol Vandromme. L'un des meilleurs critiques depuis La Bruy&egrave;re, c'est-&agrave;-dire
     portraitiste, cis&egrave;le en m&eacute;daillons six douzaines de plumes contemporaines
     qui ont compt&eacute; pour lui. &Agrave; la lumi&egrave;re de cette &eacute;vidence toute crue&nbsp;:
     &laquo;&nbsp;La litt&eacute;rature est l'affaire de quelques-uns et le commerce de la
     librairie celle des corniauds innombrables.&nbsp;&raquo; Le Rocher, 252 p., 18 &euro;.
Fant&ocirc;me
     d'Orient, par Pierre Loti. Une belle pr&eacute;face document&eacute;e de Guy Dupr&eacute;
     recadre cette r&eacute;&eacute;dition du m&eacute;lancolique et vaporeux chantre d'Aziyad&eacute;,
     qu'un tribunal de sottise universitaire rel&egrave;gue encore au purgatoire des
     Lettres. Qu'importe, puisque les lecteurs qui savent lire le d&eacute;vorent avec
     d&eacute;lices. Motifs (Le Rocher), 208 p.,
     7 &euro;.
Pi&egrave;ces
     farceuses, par Jean Anouilh. Quatre succ&egrave;s du plus grand et prolifique
     auteur dramatique du XXe si&egrave;cle, dont l'&eacute;tonnant Nombril o&ugrave; nous applaud&icirc;mes Blier.
     Autre r&eacute;&eacute;dition du m&ecirc;me&nbsp;: l'inusable Antigone (128 p., 5,40
     &euro;). Les &laquo;&nbsp;anouilhiens&nbsp;&raquo;
     novices regretteront juste l'absence de postface, voire d'un petit dossier,
     pour situer ces chefs-d'&oelig;uvre. La
     Table Ronde,&laquo;&nbsp;la Petite Vermillon&nbsp;&raquo;,416 p.,10 &euro;. &nbsp;&nbsp;&nbsp;
 ]]></description>
   <link>http://mourlet.blog.mongenie.com/index/p/2008/04/612421</link>
   <author>mourlet</author>
   <guid isPermaLink="true">http://mourlet.blog.mongenie.com/index/p/2008/04/612421</guid>
  <pubDate>Fri, 11 Apr 2008 13:02:51 +0200</pubDate>
  </item><item>
   <title>Pêche au brochet, chasse au broché</title>
   <description><![CDATA[ 
&nbsp;


&nbsp;&nbsp; Alexipharmaque
est une maison d'&eacute;dition selon mes go&ucirc;ts, dirig&eacute;e par un collectionneur d'insectes
rares&nbsp;: Arnaud Bordes. Celui-ci ne perd pas son temps &agrave; courir apr&egrave;s ces
&eacute;ph&eacute;m&egrave;res papillons blancs ou jaunes de nos &nbsp;potagers, qui pondent leurs &oelig;ufs dans les
feuilles de chou. Aussi vient-il de publier un petit livre
&laquo;&nbsp;invendable&nbsp;&raquo;, mais que les bibliophiles rechercheront anxieusement
dans quelques ann&eacute;es&nbsp;: la P&ecirc;che au brochet en mai 68, de Michel Marmin, qui ressortit au genre
peu fr&eacute;quent&eacute; des &laquo;&nbsp;M&eacute;langes&nbsp;&raquo;, comme les baptisa un autre
entomologiste passionn&eacute;&nbsp;: Paul Val&eacute;ry.


&nbsp;&nbsp; Voici ce que je viens d'&eacute;crire &agrave; son
auteur&nbsp;:



&nbsp;


Cher Michel,&nbsp;


&nbsp;&nbsp;
Bien que je sois, vous le savez,&nbsp;loin de partager vos vues &ndash;
d'ailleurs fort chancelantes et changeantes au sens o&ugrave; l'on prend ce mot pour
l'appliquer aux couleurs &ndash; sur mai 68, et&nbsp;rebelle &agrave;
toute&nbsp;mythification&nbsp;(la Commune par exemple, "les
Ouvriers", "le Peuple",&nbsp; etc.), je ne m'en trouve que plus
&agrave; l'aise pour&nbsp;go&ucirc;ter la saveur, le sel,&nbsp;le fruit, le ton et l'allure
de votre&nbsp; kal&eacute;idoscope autobiographique. J'aime les genres - litt&eacute;raires
ou autres - qui &eacute;chappent aux genres ou plus exactement les rapprochent par des
passerelles transversales. De ce point de vue, quelque peu tordu sans doute, ou
postmoderne, votre opus est un bijou qui... m'interpelle (dirait Bernard-Henri
L&eacute;vy, d&eacute;collet&eacute; grand ouvert)&nbsp;comme&nbsp; un appareil - le plus simple
-&nbsp;de colliers de&nbsp;perles sauvages,&nbsp;de bracelets d'or et de
boucles d'oreille tintinnabulant sur&nbsp;une jeune&nbsp;com&eacute;dienne enti&egrave;rement&nbsp;d&eacute;v&ecirc;tue
(je m'aper&ccedil;ois que je n'ai encore&nbsp;racont&eacute; cela&nbsp;nulle part) et qui
disait, s'agenouillant : &laquo;&nbsp;je suis&nbsp;une geisha&nbsp;&raquo;.&nbsp;Voil&agrave; ce
que je sens de votre livre, qui s'attache &agrave; plaire, et y parvient.&nbsp;Je
remercie aussi Arnaud Bordes d'avoir eu l'intelligence de vous publier (vous
pouvez le lui dire de ma part).


&nbsp;&nbsp;
Avec toutes mes fid&egrave;les&nbsp;amiti&eacute;s.

Broch&eacute;, 86 pages, 13 &euro;.
www.alexipharmaque.netalexipharmaque@alexipharmaque.netBP 60359 - 64141 Bill&egrave;re cedex




&nbsp;
 ]]></description>
   <link>http://mourlet.blog.mongenie.com/index/p/2008/04/607646</link>
   <author>mourlet</author>
   <guid isPermaLink="true">http://mourlet.blog.mongenie.com/index/p/2008/04/607646</guid>
  <pubDate>Fri, 04 Apr 2008 16:14:00 +0200</pubDate>
  </item><item>
   <title>Du règne et de l&#039;omnipotence de Tartuffe</title>
   <description><![CDATA[ &nbsp;&nbsp; La grotesque &laquo;&nbsp;affaire&nbsp;&raquo;
de la banderole du Paris-Saint-Germain, qui bouillonne jusqu'au sommet de l'&Eacute;tat,
illustre &agrave; merveille le pronostic que je formulais il y a vingt ans dans
l'avant-propos de Cr&eacute;puscule de la
modernit&eacute;. Qu'on m'autorise &agrave; me citer&nbsp;: &laquo;Trissotin tr&eacute;buche, mais Tartuffe est plus solide au poste que jamais.
Les &laquo;&nbsp;autorit&eacute;s morales&nbsp;&raquo; sont les principaux vecteurs de ce
changement de tactique n&eacute;cessit&eacute; par l'&eacute;volution des esprits.&nbsp;Ce que les
instigateurs et les commissionnaires h&eacute;b&eacute;t&eacute;s de l'ab&icirc;me perdent d'un c&ocirc;t&eacute;, ils
tenteront de le r&eacute;cup&eacute;rer d'un autre et l'on doit s'attendre &agrave; des crises de
conscience non moins graves que celles, en voie d'apaisement, de cr&eacute;ation et
d'appr&eacute;ciation esth&eacute;tique.&nbsp;&raquo; En 2006, dans une autre pr&eacute;face, celle d'Andr&eacute; Fraigneau (le &laquo;&nbsp;Livre du
Centenaire&nbsp;&raquo;), prenant acte de la victoire par moi annonc&eacute;e du roi&nbsp; Tartuffe et de son syst&egrave;me de valeurs,
j'ajoutais&nbsp;: &laquo;&nbsp;La question, qui
pourrait &ecirc;tre d&eacute;battue ailleurs, n'est pas d'&eacute;tablir si ce syst&egrave;me s'est peu &agrave;
peu mis en place pour compenser les petites et grandes vilenies quotidiennes de
la d&eacute;mocratie socialo-lib&eacute;rale, les app&eacute;tits f&eacute;roces de profit et d'influence
dont nous voyons &agrave; tout moment &eacute;merger les effets dans l'actualit&eacute; financi&egrave;re
et judiciaire&hellip;&nbsp;&raquo; Car ce qu'on doit comprendre aussi, c'est que
Tartuffe, entre-temps, &nbsp;
pour des raisons historiques &ndash; jug&eacute;es inimaginables cinq minutes auparavant par les
observateurs les plus qualifi&eacute;s &ndash;&nbsp; a jet&eacute; aux orties son bleu de chauffe d'id&eacute;ologue&nbsp;:
dessous, il y avait une pelisse de banquier. 


&nbsp;&nbsp; La question ainsi soulev&eacute;e
du r&egrave;gne pr&eacute;par&eacute; de longue main, puis accompli, de Tartuffe, &eacute;paul&eacute; par
Torquemada (puisque, des &laquo;&nbsp;trois T&nbsp;&raquo;
dont je d&eacute;non&ccedil;ais d&eacute;j&agrave; la trinit&eacute; complice&nbsp;
dans Matulu, seul le premier,
Trissotin, a &eacute;t&eacute; quelque peu d&eacute;stabilis&eacute;), cette question rev&ecirc;t deux aspects :
une permanence &agrave; travers l'Histoire, mais aussi une nouveaut&eacute; depuis un peu
plus de vingt-cinq ans. Autrement dit depuis l'av&egrave;nement du mitterrandisme, o&ugrave;
l'on avait beaucoup &agrave; faire oublier&nbsp;: d&egrave;s lors, dans le registre
&laquo;&nbsp;Faites ce que je dis mais non pas ce que je fais, ou que j'ai
fait&nbsp;&raquo; il fallut d&eacute;ployer un z&egrave;le qui ne s'est jamais rel&acirc;ch&eacute;.


&nbsp; &nbsp;La permanence, c'est celle du personnage,
pr&eacute;sent depuis l'origine en toute soci&eacute;t&eacute; humaine, qui proclame &agrave; haute voix &laquo;&nbsp;Couvrez ce sein que je ne saurais
voir&nbsp;&raquo; tout en palpant d'une paume f&eacute;brile les rondeurs des &eacute;pouses
derri&egrave;re le dos de leur mari. Ce Tartuffe-l&agrave; est de tous les temps et a
toujours &eacute;t&eacute; tr&egrave;s actif, tr&egrave;s sentencieux, tr&egrave;s l&eacute;gislateur dans plusieurs
familles sociales&nbsp;: les d&eacute;vots, les cuistres, les sous-ministres, les
catins repenties, les p&egrave;res-la-pudeur, les buveurs de sueur ou de sang, les
r&eacute;volutionnaires en peau de lapin, les auteurs de journaux intimes et j'en
passe. Mais Tartuffe ne pouvait &eacute;chapper ind&eacute;finiment &agrave; la critique, &agrave; la
satire, au coup de pied quelque part, ni se placer hors d'atteinte du Pouvoir
lui-m&ecirc;me &ndash; voir Louis XIV &eacute;videmment&nbsp;! protecteur de Moli&egrave;re&hellip; 


&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ce qui a chang&eacute; de
nos jours, second aspect de la question, c'est l'omnipotence totalitaire (si je
puis risquer ce pl&eacute;onasme) de notre vieux cam&eacute;l&eacute;on, aujourd'hui philosophe, demain
bedeau, champion olympique, chanteur de bastringue ; sa morale &eacute;rig&eacute;e en
transcendance universelle, sa pr&eacute;sence tant&ocirc;t visible, tant&ocirc;t masqu&eacute;e, &eacute;parse,
immanente, orwellienne, dans les souffles de la brise et le parfum des fleurs
(des actrices &laquo;&nbsp;citoyennes&nbsp;&raquo; notamment)&nbsp;: il &eacute;chappe &agrave; tout mais
rien ne lui &eacute;chappe. Pour pouvoir palper
&agrave; son aise, il commence par &eacute;touffer les honn&ecirc;tes (&laquo;&nbsp;Malheur aux
honn&ecirc;tes&nbsp;!&nbsp;&raquo; criait Montherlant par la bouche d'Alvaro). Sa plus
grande force d&eacute;sormais est d'avoir compris qu'il serait toujours relay&eacute;,
appuy&eacute;, renforc&eacute; par la l&eacute;gion gigantesque des niais&nbsp;: niais des m&eacute;dias,
niais de la politicaille en godillots, niais de sacristie, niais &eacute;ducateurs,
niais culturels. Quel tsar parviendrait &agrave; pousser cette Grande Arm&eacute;e dans la
B&eacute;r&eacute;zina qu'elle m&eacute;rite&nbsp;? Je crains bien qu'il n'y faille plut&ocirc;t une tr&egrave;s
sanglante R&eacute;volution.

 ]]></description>
   <link>http://mourlet.blog.mongenie.com/index/p/2008/04/606983</link>
   <author>mourlet</author>
   <guid isPermaLink="true">http://mourlet.blog.mongenie.com/index/p/2008/04/606983</guid>
  <pubDate>Thu, 03 Apr 2008 16:56:14 +0200</pubDate>
  </item><item>
   <title>l&#039;Infolettre de Mon Village</title>
   <description><![CDATA[ &nbsp;&nbsp; France Univers Prom, structure de promotion-relations publiques de France Univers, vient de lancer un courriel d'information&nbsp;: &laquo;&nbsp;l'Infolettre de Mon Village&nbsp;&raquo; (&laquo;&nbsp;infolettre&nbsp;&raquo; &eacute;tant l'&eacute;quivalent fran&ccedil;ais de la niouzeletteur des nouveaux pauvres du quart-monde lexical). Le point le plus int&eacute;ressant, me semble-t-il, de cette lettre exclusivement achemin&eacute;e par Internet,&nbsp; est son &laquo;&nbsp;interactivit&eacute;&nbsp;&raquo;, comme on dit dans le langage technique de la Communication. Les centaines de personnes (artistes, &eacute;crivains, journalistes, hommes politiques, etc.&nbsp;) qui la recevront &ndash; et qui appartiennent, d'apr&egrave;s ce qui est annonc&eacute;, au premier cercle d'un r&eacute;seau de relations proches de France Univers, pourront &agrave; leur tour fournir leurs propres informations et leur propre liste d'adresses au chef de site de F.U. Prom (je la connais&nbsp;; elle est jeune, charmante, cin&eacute;aste, et s'appelle Sonia Kichah), qui les r&eacute;percutera dans l'Infolettre. Je crois savoir aussi qu'elle va s'occuper de publier cette nouvelle donn&eacute;e d'information sur la Toile avec le r&eacute;f&eacute;rencement ad&eacute;quat, qui permettra &agrave; tout un chacun, m&ecirc;me hors liste de diffusion, d'y avoir acc&egrave;s. Je ne pense pas faire figure de proph&egrave;te particuli&egrave;rement illumin&eacute; si j'avance que ce type de communication, infiniment plus souple, r&eacute;actif et universel que la ch&egrave;re vieille dame nomm&eacute;e Presse &eacute;crite, trop souvent confite dans des sch&eacute;mas circulaires de notori&eacute;t&eacute; obsol&egrave;tes (il faut parler de ce dont on parle et on parle de ce dont il faut parler), est appel&eacute; de plus en plus &agrave; envoyer au rancart, en particulier, les quotidiens d'information g&eacute;n&eacute;rale incapables de ne pas se copier les uns les autres (Exceptons &laquo;&nbsp;Lib&eacute;&nbsp;&raquo;, malgr&eacute; toutes les casseroles qu'il tra&icirc;ne, mais consid&eacute;rablement plus ouvert en mati&egrave;re de culture.) J'&eacute;voque tout cela avec d'autant plus de tristesse que j'ai v&eacute;cu trente ans librement et tr&egrave;s confortablement dans la presse &eacute;crite et que je continue sporadiquement &agrave; y s&eacute;vir-servir (mais non &agrave; y servir la soupe).

&nbsp;&nbsp; Bref, si mes chers lecteurs fid&egrave;les et visiteurs d'occasion souhaitent en conna&icirc;tre un peu plus sur ce qu'il se passe vraiment, c'est &agrave; dire ailleurs que dans les rubriques de la culture pipole de masse, ils ont la facult&eacute; de s'inscrire &agrave; l'Infolettre de Mon Village en cliquant sur http://france.univers@wanadoo.fr et en &eacute;crivant le message suivant&nbsp;: &laquo;&nbsp;Infolettre&nbsp;&raquo;. &nbsp;&nbsp;&nbsp;

 ]]></description>
   <link>http://mourlet.blog.mongenie.com/index/p/2008/02/569763</link>
   <author>mourlet</author>
   <guid isPermaLink="true">http://mourlet.blog.mongenie.com/index/p/2008/02/569763</guid>
  <pubDate>Sun, 17 Feb 2008 12:45:47 +0100</pubDate>
  </item><item>
   <title>Sources et Références</title>
   <description><![CDATA[ Un lecteur de ce Carnet me pose via le courriel dudit (moyen, ai-je remarqu&eacute;, souvent pr&eacute;f&eacute;r&eacute; au &laquo;&nbsp;commentaire&nbsp;&raquo; sur l'agora) une question qui me para&icirc;t m&eacute;riter une r&eacute;ponse publique&nbsp;: &laquo;&nbsp;Comment se fait-il que votre postface aux romans de Guy Dupr&eacute; r&eacute;&eacute;dit&eacute;s en un volume par le Rocher ne soit pas signal&eacute;e comme la reprise du chapitre que vous avez consacr&eacute; &agrave; cet auteur dans &Eacute;crivains de France&nbsp;?&nbsp;&raquo;

&nbsp;&nbsp; J'ai en effet &eacute;t&eacute; le premier surpris d'un tel &laquo;&nbsp;oubli&nbsp;&raquo;, mais sans y attacher autrement d'importance, alors que Guy Dupr&eacute; avait bien entendu demand&eacute; en bonne et due forme&nbsp; l'autorisation de reproduire ce texte appartenant aux &Eacute;ditions Valmonde et Tr&eacute;daniel. Sans doute, entre les mains d'un cabinet d'avocats am&eacute;ricains, l'affaire aurait-elle rapport&eacute; quelques sous &agrave; mon &eacute;diteur et peut-&ecirc;tre un peu &agrave; moi-m&ecirc;me&hellip; Mais j'ai trop de chats &agrave; fouetter pour m'attarder sur ces m&eacute;diocres embrouilles. La question serait donc &agrave; poser plut&ocirc;t aux &Eacute;ditions du Rocher. Si je m'&eacute;tais formalis&eacute; chaque fois qu'on m'a emprunt&eacute; un titre, vol&eacute; une formule, attribu&eacute; faussement une opinion, omis de citer mes &eacute;diteurs ou m&ecirc;me carr&eacute;ment subtilis&eacute; un article, j'aurais pass&eacute; ma vie au tribunal, et pour un bien maigre r&eacute;sultat.

&nbsp;&nbsp; Pour g&eacute;n&eacute;raliser le propos, je crois qu'il y a un probl&egrave;me des sources en France. Cette nation si pointilleuse et si &eacute;prise de logique et de droit se contrefiche de pr&eacute;cision, de clart&eacute;, voire de propri&eacute;t&eacute; d&egrave;s qu'il s'agit de litt&eacute;rature et de pens&eacute;e. On se retrouve brusquement dans la Cour des Miracles et il ne faut s'y hasarder qu'en serrant sa bourse intellectuelle tr&egrave;s fort contre soi.&nbsp; 
 ]]></description>
   <link>http://mourlet.blog.mongenie.com/index/p/2008/01/551223</link>
   <author>mourlet</author>
   <guid isPermaLink="true">http://mourlet.blog.mongenie.com/index/p/2008/01/551223</guid>
  <pubDate>Fri, 25 Jan 2008 14:34:03 +0100</pubDate>
  </item><item>
   <title>Un Chapeau de paille d&#039;Attali</title>
   <description><![CDATA[ &nbsp;

&nbsp;&nbsp; Je ne sais trop pourquoi M. Attali me fait irr&eacute;sistiblement penser &agrave; un personnage de Labiche. Sa bobine toute rondeur et&nbsp;sourire de notaire provincial, son air de courir &agrave; perp&eacute;tuit&eacute; apr&egrave;s le chapeau de paille brout&eacute; par son cheval dans les all&eacute;es du Pouvoir, et les sentences saugrenues qu'il prononce gravement en consultant, du moins on l'imagine, sa grosse montre&nbsp;de gousset (dans le style de &laquo;&nbsp;ce n'est pas pour me vanter, mais il fait rudement chaud aujourd'hui&nbsp;&raquo;), tous ces &eacute;l&eacute;ments r&eacute;unis, et bien d'autres &ndash; par exemple, son &laquo;&nbsp;Adieu, ma poule&nbsp;!&nbsp;&raquo; lanc&eacute; &agrave; l'enterrement de Coluche &ndash; font de lui, certes, un &nbsp;sp&eacute;cimen de bon bourgeois pittoresque, mais qu'on ne prendrait pas en auto-stop pour lui demander de r&eacute;fl&eacute;chir au probl&egrave;me de la croissance, laquelle, si je ne m'abuse, avait d'ailleurs fait jadis de sa part l'objet d'une vigoureuse contestation. Il convient de rappeler aussi que, &nbsp;courant une fois de plus apr&egrave;s un chapeau qu'il finit toujours par porter, il a eu cette phrase m&eacute;morable au d&eacute;but des ann&eacute;es 90 (&eacute;pingl&eacute;e &agrave; l'&eacute;poque dans ma postface &agrave; &laquo;&nbsp;l'Europe d&eacute;raisonnable&nbsp;&raquo;), phrase exaltante et riche d'esp&eacute;rance s'il en est&nbsp;: &laquo;&nbsp;La culpabilit&eacute; est fondatrice de l'id&eacute;al europ&eacute;en.&nbsp;&raquo;

&nbsp;&nbsp; Le Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique aurait donc trouv&eacute; profit &agrave; s'informer quelque peu des ant&eacute;c&eacute;dents burlesques de M. Attali avant de le nommer &agrave; la t&ecirc;te d'une commission de r&eacute;flexion, &agrave; moins que, par pur sadisme, il se soit seulement donn&eacute; le plaisir de les faire aller, lui et son cheval, au picotin. On reconna&icirc;tra en effet qu'elle m&eacute;rite une belle avoine, sa proposition de supprimer les d&eacute;partements fran&ccedil;ais. Pour relancer la croissance, une telle mesure rel&egrave;ve assur&eacute;ment de l'&eacute;vidence criante et l'on se demande pourquoi, dans la foul&eacute;e, il n'a pas sugg&eacute;r&eacute; aussi de d&eacute;molir tous les kiosques &agrave; musique. Mais, bien s&ucirc;r, une autre intention s'y dissimule, et ici l'on reprend son&nbsp;s&eacute;rieux&nbsp;: supprimer les d&eacute;partements, c'est aller dans le sens voulu par&nbsp;les adversaires de la coh&eacute;sion nationale fran&ccedil;aise, via une all&eacute;geance directe des &laquo;&nbsp;r&eacute;gions&nbsp;&raquo; au principe f&eacute;d&eacute;ral bruxellois. &nbsp;M. Attali, courant apr&egrave;s son chapeau, a simplement anticip&eacute; un peu trop vite sur les cons&eacute;quences du trait&eacute; de Lisbonne. &nbsp;&nbsp;
 ]]></description>
   <link>http://mourlet.blog.mongenie.com/index/p/2008/01/545708</link>
   <author>mourlet</author>
   <guid isPermaLink="true">http://mourlet.blog.mongenie.com/index/p/2008/01/545708</guid>
  <pubDate>Sat, 19 Jan 2008 10:53:34 +0100</pubDate>
  </item><item>
   <title>Précisions sur &quot;l&#039;Ordre vert&quot;</title>
   <description><![CDATA[ &nbsp;

&nbsp;&nbsp; Un cin&eacute;phile canadien qui vient de lire mon Carnet de route me demande des d&eacute;tails sur le contenu de &laquo;&nbsp;l'Ordre vert&nbsp;&raquo;. Je me suis born&eacute; en effet &agrave; &eacute;voquer les circonstances de la commercialisation du DVD. En pr&eacute;vision d'autres remarques de m&ecirc;me nature, je ne puis faire mieux, me semble-t-il, que de recopier les synopsis et note d'intention r&eacute;dig&eacute;s au moment de l'&eacute;laboration du projet&nbsp;:

&nbsp;

SYNOPSIS

&nbsp;

&nbsp;&nbsp; Une jeune com&eacute;dienne, Delphine, port&eacute;e par ses go&ucirc;ts et son m&eacute;tier &agrave; se passionner pour le XVII&deg; si&egrave;cle fran&ccedil;ais, se rend &agrave; une conf&eacute;rence sur Le N&ocirc;tre (portrait ci-dessus) qu'elle ne conna&icirc;t gu&egrave;re que par Versailles et les Tuileries.

&nbsp;&nbsp; A la fin de l'expos&eacute;, elle s'arrange pour aborder le conf&eacute;rencier. Elle lui demande ce qu'elle devrait lire sur le sujet. Il r&eacute;pond en riant&nbsp;: tellement de livres ont &eacute;t&eacute; &eacute;crits sur les jardins de Le N&ocirc;tre qu'elle pourrait y passer plusieurs mois&nbsp;; il serait plus simple pour elle de lire la seule pi&egrave;ce de th&eacute;&acirc;tre que l'on ait consacr&eacute;e au "Jardinier du Roi-Soleil".

&nbsp;&nbsp;&nbsp; - Une pi&egrave;ce ! s'&eacute;crie-t-elle. Mais je suis com&eacute;dienne ! De qui est-elle et o&ugrave; peut-on la trouver ?

Il avoue en &ecirc;tre l'auteur. On peut la commander en librairie, mais il sera heureux de lui en offrir un exemplaire... Il en poss&egrave;de aussi l'enregistrement, car elle a &eacute;t&eacute; jou&eacute;e &agrave; la radio.

&nbsp;&nbsp; Delphine prend connaissance du texte et d&eacute;cide de le monter au th&eacute;&acirc;tre. Elle a d&eacute;j&agrave; fait quelques mises en sc&egrave;ne. Son p&egrave;re dirige une petite salle &agrave; Paris. Si elle parvient &agrave; le convaincre, l'affaire est faite. Elle s'y r&eacute;serve aussi un r&ocirc;le : Mlle de La Valli&egrave;re.

&nbsp;&nbsp; Elle en parle &agrave; son p&egrave;re : catastrophe ! Le minist&egrave;re de la Culture vient de r&eacute;duire sa subvention. Il peut tout juste assurer les frais de fonctionnement. Impossible de financer un nouveau spectacle. Il envisage m&ecirc;me de fermer la salle. Et de toute fa&ccedil;on, il ne voit pas comment une pi&egrave;ce sur Le N&ocirc;tre pourrait attirer un public. En attendant d'improbables jours meilleurs, il part en tourn&eacute;e en province.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 

&nbsp;&nbsp;&nbsp; Delphine est une fille courageuse et obstin&eacute;e. Elle s'ouvre de son projet &agrave; un ami de son p&egrave;re, un com&eacute;dien, R&eacute;mi, qui lui sugg&egrave;re de pr&eacute;parer le spectacle quand m&ecirc;me. Mais comment, sans argent ? Il est possible de proposer aux acteurs et techniciens de travailler "en participation", c'est-&agrave;-dire sans r&eacute;mun&eacute;ration imm&eacute;diate. Ce qu'il faut, c'est croire au projet. Ensuite, on verra bien. En tout cas, il conviendrait de garder le secret vis-&agrave;-vis de son p&egrave;re, dont le pessimisme s'emploierait &agrave; la dissuader. En son absence, on peut utiliser la sc&egrave;ne de son th&eacute;&acirc;tre pour r&eacute;p&eacute;ter, le cas &eacute;ch&eacute;ant. Le plus important est le choix de l'interpr&egrave;te principal. Elle songe &agrave; R&eacute;mi, qui r&eacute;serve sa r&eacute;ponse. Lui non plus n'est pas un familier de Le N&ocirc;tre, et il lui faut d'abord lire la pi&egrave;ce et s'impr&eacute;gner des d&eacute;cors, de l'atmosph&egrave;re des jardins "&agrave; la fran&ccedil;aise".

&nbsp;&nbsp; Delphine et R&eacute;mi, parfois accompagn&eacute;s de l'auteur de la pi&egrave;ce, vont&nbsp; se rendre dans diff&eacute;rents lieux hant&eacute;s par le fant&ocirc;me de Le N&ocirc;tre : Versailles, Saint-Cloud, Sceaux, les Tuileries... R&eacute;mi y d&eacute;couvre &agrave; la fois le texte de la pi&egrave;ce, son personnage et v&eacute;ritablement l'art de Le N&ocirc;tre, qu'il n'avait consid&eacute;r&eacute; jusqu'alors que de fa&ccedil;on tr&egrave;s superficielle. Paradoxalement il pr&eacute;f&egrave;re les jardins "libres", romantiques, &agrave; l'anglaise, alors que Delphine adh&egrave;re davantage aux conceptions du jardinier, dompteur et ordonnateur de la Nature. Cet affrontement entre les deux conceptions fournit un des th&egrave;mes du film, th&egrave;me d&eacute;velopp&eacute; notamment durant un s&eacute;jour en Normandie.

&nbsp;&nbsp; Lors de ces visites sur place, de r&eacute;p&eacute;titions ou de sc&egrave;nes abouties sur le plateau du th&eacute;&acirc;tre, et de s&eacute;quences en diff&eacute;rents lieux, s'&eacute;bauche puis se pr&eacute;cise, par fragments, le contenu de la pi&egrave;ce ; sont fournies aussi les informations destin&eacute;es &agrave; compl&eacute;ter le propos : audition en situation de la cassette radio, extraits de la conf&eacute;rence, photos, illustrations d'&eacute;poque.

&nbsp;&nbsp; R&eacute;mi, &agrave; Versailles, se prom&egrave;ne dans une all&eacute;e, au bord d'un bassin, examine une statue, lit &agrave; voix haute son r&ocirc;le ; Delphine lui indique une intonation, pr&eacute;cise le sens d'une phrase... L'auteur, s'il est pr&eacute;sent, ajoute son grain de sel...

&nbsp;&nbsp; On arrive &agrave; la fin de la pr&eacute;paration du spectacle. Delphine organise une derni&egrave;re r&eacute;p&eacute;tition, avec toute la mise en sc&egrave;ne et le d&eacute;cor. 

&nbsp;&nbsp; Le p&egrave;re de Delphine, de retour, est dans la salle. Il n'en croit pas ses yeux...&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 

NOTE D'INTENTION

&nbsp;

&nbsp;&nbsp; Andr&eacute; Le N&ocirc;tre est n&eacute; le 12 mars 1613, &agrave; Paris. Ce qui ne signifie pas qu'il f&ucirc;t "Parisien". Fils de jardinier, il deviendra jardinier lui-m&ecirc;me, et conservera toute sa vie des attaches, une allure, un comportement de paysan. Perruque et habit de cour n'y changeront rien. Il parle au plus grand roi du monde en toute franchise, embrasse le pape et, lorsque Louis XIV lui offre des armoiries, il demande "trois lima&ccedil;ons surmont&eacute;s d'une t&ecirc;te de chou". Il meurt en 1700, apr&egrave;s avoir l&eacute;gu&eacute; au roi sa collection d'&oelig;uvres d'art, dont trois tableaux de Poussin.

&nbsp;&nbsp; Entre-temps, il a pouss&eacute; &agrave; la perfection l'art des jardins "&agrave; la fran&ccedil;aise", leur apportant une ampleur, un &eacute;quilibre, une ouverture sur l'environnement et surtout une signification inconnus auparavant, gr&acirc;ce &agrave; ce qu'on pourrait d&eacute;finir comme une v&eacute;ritable mise en sc&egrave;ne &nbsp;qui organise une "dramatisation" de l'espace, tant architecturale que symbolique. Cette mise en sc&egrave;ne, dont les &eacute;l&eacute;ments sont la terre, l'eau, le feuillage, la perspective et la sculpture, s'&eacute;labora d'abord dans le creuset de son g&eacute;nie propre, puis s'&eacute;panouit dans une intime harmonie avec les desseins du monarque. Versailles en est l'accomplissement.

&nbsp;&nbsp; Notre propos est de "raconter Le N&ocirc;tre" : un peu de sa vie, beaucoup de son &oelig;uvre, passionn&eacute;ment sa pens&eacute;e. Le N&ocirc;tre, dont nous ne poss&eacute;dons qu'un peu de correspondance et des listes comptables, n'a pas laiss&eacute; de t&eacute;moignage &eacute;crit de ses conceptions. On est conduit &agrave; les transcrire dans le langage &agrave; partir de son discours de feuillage, de parterres, de bassins et de perspectives. Nous connaissons n&eacute;anmoins de lui quelques r&eacute;pliques pittoresques ou significatives de son &eacute;tat d'esprit, quelques &eacute;pisodes marquants rapport&eacute;s par des t&eacute;moins. Un personnage complexe y transpara&icirc;t, &agrave; la fois rustique et tr&egrave;s fin, grand amateur d'art et savant architecte, paysan matois mais sans fa&ccedil;ons, &agrave; l'aise avec les grands, confident de Louis XIV qui l'estimait infiniment pour son m&eacute;lange de franc-parler et de g&eacute;niales intuitions d'artiste.

&nbsp;&nbsp; Comment montrer et rendre intelligible ce personnage ?&nbsp;&nbsp; 

&nbsp;&nbsp; Il se trouve qu'en 1966, un jeune &eacute;crivain a fait jouer une &eacute;vocation radiophonique intitul&eacute;e la M&eacute;ditation au Jardin, diffus&eacute;e sur France Culture et les ondes fran&ccedil;aises d'outre-mer. Cet ouvrage nous a paru recouper exactement notre propos. L'auteur y fait alterner monologues et sc&egrave;nes dialogu&eacute;es. Les monologues, dits par Le N&ocirc;tre, sont en r&eacute;alit&eacute; des monologues int&eacute;rieurs destin&eacute;s &agrave; exprimer, d'une part, sa vision de l'art "paysagiste" et, d'autre part, la mani&egrave;re dont il entend l'appliquer &agrave; la vision th&eacute;ocratique du roi.

&nbsp;&nbsp; Les sc&egrave;nes dialogu&eacute;es &eacute;voquent certains &eacute;pisodes historiques v&eacute;cus par Le N&ocirc;tre et par des t&eacute;moins, c&eacute;l&egrave;bres ou obscurs, de sa vie.

&nbsp;&nbsp; Il n'&eacute;tait pas question, pour nous, d'"adapter" cet ouvrage &eacute;crit pour la radio et non pour l'image, c'est-&agrave;-dire de reconstituer les sc&egrave;nes dans leur d&eacute;cor particulier, et de les faire interpr&eacute;ter par des com&eacute;diens en costumes d'&eacute;poque. Le r&eacute;sultat e&ucirc;t &eacute;t&eacute; &agrave; la fois trop statique, trop "film historique", trop incomplet aussi par rapport aux ressources visuelles des sites consid&eacute;r&eacute;s, parcs et ch&acirc;teaux. Et beaucoup trop cher.

&nbsp;&nbsp; Nous avons pr&eacute;f&eacute;r&eacute; opter pour l'immersion de ce texte dans une histoire d'aujourd'hui, celle d'un petit groupe de passionn&eacute;s de th&eacute;&acirc;tre qui entreprennent de porter la pi&egrave;ce &agrave; la sc&egrave;ne et y parviennent, en d&eacute;pit de toutes les difficult&eacute;s inh&eacute;rentes &agrave; ce type de projet.

&nbsp;&nbsp; Cette articulation des deux actions entre elles, celle de la pi&egrave;ce au XVII&deg; si&egrave;cle et celle de la troupe au XXI&deg;, multiplie les &eacute;clairages et les points de vue, donc enrichit le th&egrave;me. D'autre part, elle apporte un &eacute;l&eacute;ment de com&eacute;die, une "dramatisation l&eacute;g&egrave;re" de nature &agrave; assouplir la rigueur classique du sujet.



&nbsp;



&nbsp;

&nbsp;&nbsp; Outre l'&eacute;vocation biographique et historique du personnage et de son &eacute;poque, l'Ordre Vert envisage l'art des &laquo;&nbsp;jardins &agrave; la fran&ccedil;aise&nbsp;&raquo; &agrave; la fois comme r&eacute;flexion inaugurale sur l'am&eacute;nagement du territoire et l'&eacute;cologie, mise en sc&egrave;ne du Pouvoir et expression la plus concr&egrave;te du classicisme.

&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le film est &eacute;galement le lieu d'une confrontation permanente entre la m&eacute;taphore th&eacute;&acirc;trale (&laquo;&nbsp;sur-jeu&nbsp;&raquo; des com&eacute;diens, symbolique des d&eacute;cors) et le r&eacute;alisme du cin&eacute;ma qui l'appr&eacute;hende. Entre la fiction et le reportage v&eacute;cu, la marge ici demeure incertaine&hellip; 

&nbsp;



&nbsp;



&nbsp;
 ]]></description>
   <link>http://mourlet.blog.mongenie.com/index/p/2007/12/526625</link>
   <author>mourlet</author>
   <guid isPermaLink="true">http://mourlet.blog.mongenie.com/index/p/2007/12/526625</guid>
  <pubDate>Sun, 23 Dec 2007 10:54:09 +0100</pubDate>
  </item><item>
   <title>Le Jardinier du Roi-Soleil</title>
   <description><![CDATA[ &nbsp;

&nbsp;&nbsp; Entre 2002 et 2004, j'ai travaill&eacute; &agrave; une curieuse entreprise&nbsp;: l'adaptation &agrave; l'&eacute;cran d'une de mes pi&egrave;ces radiophoniques,&nbsp; &laquo;&nbsp;la M&eacute;ditation au Jardin&nbsp;&raquo;, consacr&eacute;e &agrave; Le N&ocirc;tre, &agrave; sa pens&eacute;e telle qu'on se la peut repr&eacute;senter &agrave; travers son &oelig;uvre, et &agrave; Versailles. Sujet apparemment aride, &agrave; mes yeux passionnant. R&eacute;alis&eacute; avec un tr&egrave;s petit budget par la jeune cin&eacute;aste Corinne Garfin (dont les courts m&eacute;trages sont couverts de r&eacute;compenses dans les festivals internationaux), interpr&eacute;t&eacute; par des com&eacute;diens professionnels &ndash; dont Jos&eacute; Valverde, qui dirigeait alors le Th&eacute;&acirc;tre Essa&iuml;on &ndash;, produit par Delcor Productions en partenariat avec les &Eacute;ditions France Univers, ce film de 70 minutes appartient au genre b&acirc;tard de la &laquo;&nbsp;docufiction&nbsp;&raquo;, tendance exp&eacute;rimentale (lumi&egrave;res enti&egrave;rement naturelle&hellip; m&ecirc;me &agrave; la tomb&eacute;e de la nuit &eacute;clair&eacute;e aux bougies, bande son &laquo;&nbsp;brute de d&eacute;coffrage&nbsp;&raquo; et un &eacute;tonnant mouvement de grue op&eacute;r&eacute; gr&acirc;ce &agrave; la Grande Roue des Tuileries). Un aspect &laquo;&nbsp;cin&eacute;ma v&eacute;rit&eacute;&nbsp;&raquo; s'y superpose, puisque deux des personnages y jouent leur propre r&ocirc;le&nbsp;: le directeur de th&eacute;&acirc;tre et l'auteur de la pi&egrave;ce (votre serviteur). Apr&egrave;s une avant-premi&egrave;re &agrave; la S.A.C.D., notre film,&nbsp; s&eacute;lectionn&eacute; et pr&eacute;sent&eacute; par le FIPA (festival international des programmes audiovisuels) et le FIDOC (d&deg; de la fiction documentaire), fut retenu &agrave; tout hasard par &laquo;&nbsp;Thema&nbsp;&raquo; (les soir&eacute;es th&eacute;matiques d' Arte) qui n'en a encore rien fait, bien que, charg&eacute;e de la postproduction, France Univers ait propos&eacute; &agrave; cette cha&icirc;ne, d&egrave;s le d&eacute;but de 2003, une soir&eacute;e &laquo;&nbsp;Versailles&nbsp;&raquo; r&eacute;unissant &laquo;&nbsp;l'Ordre vert&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;la Prise du pouvoir par Louis XIV&nbsp;&raquo; de Rossellini, ce qui semblait en effet une bonne id&eacute;e.&nbsp; 

&nbsp;&nbsp; Quoi qu'il en soit, &laquo;&nbsp;l'Ordre Vert&nbsp;&raquo;, projet&eacute; en ouverture du Colloque international &laquo;&nbsp;Jardins et Intimit&eacute; dans la litt&eacute;rature europ&eacute;enne&nbsp;&raquo; au Centre de recherches r&eacute;volutionnaires et romantiques de l'Universit&eacute; de Clermont-Ferrand en 2006, est &agrave; pr&eacute;sent commercialis&eacute; en DVD. D'ores et d&eacute;j&agrave;, quelques grandes librairies sp&eacute;cialis&eacute;es l'ont mis en vente &agrave; leur comptoir&nbsp;: la librairie du Jardin des Tuileries, entre autres, et celle du ch&acirc;teau de Vaux-le-Vicomte. On le trouve aussi sur les catalogues en ligne de Pard&egrave;s et de France Univers (http://www.france-univers.com). Bizarrement, il semble qu'on ne le trouve pas encore &agrave; la librairie du ch&acirc;teau de Versailles, dont l'&Eacute;tablissement public, pourtant, avait fourni &agrave; la production une aide pr&eacute;cieuse et substantielle en autorisant le tournage d'une partie du film dans le Parc pour une somme quasi symbolique, en rapport avec la modicit&eacute; de nos moyens. (Le co&ucirc;t d'un tournage &agrave; Versailles dans des conditions normales est exorbitant.) Le film, il faut le souligner, avait &eacute;galement b&eacute;n&eacute;fici&eacute; du concours des Monuments historiques (tournage enti&egrave;rement gratuit dans les jardin des Tuileries), du Th&eacute;&acirc;tre Essa&iuml;on et de l'Universit&eacute; de Paris I.
 ]]></description>
   <link>http://mourlet.blog.mongenie.com/index/p/2007/12/526483</link>
   <author>mourlet</author>
   <guid isPermaLink="true">http://mourlet.blog.mongenie.com/index/p/2007/12/526483</guid>
  <pubDate>Sun, 23 Dec 2007 00:30:00 +0100</pubDate>
  </item><item>
   <title>l&#039;Astrée</title>
   <description><![CDATA[ 
&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;&nbsp; Par son originalit&eacute; radicale, par son audace invisible, par le plaisir subtil qu'on &eacute;prouve &agrave; le d&eacute;guster &agrave; petites gorg&eacute;es comme un vin tr&egrave;s ancien qui a myst&eacute;rieusement conserv&eacute; sa fra&icirc;cheur adolescente &ndash; film par excellence du trouble et de l'&eacute;merveillement de la d&eacute;couverte amoureuse &ndash;, et par l'assurance qu'il nous procure que jamais b&eacute;otien n'y p&eacute;n&eacute;trera sans prouver sa b&eacute;otitude (comme dirait S&eacute;gol&egrave;ne&nbsp;; au fait, qui est-ce, d&eacute;j&agrave;&nbsp;?), les Amours d'Astr&eacute;e et de C&eacute;ladon sont un des meilleurs films de Rohmer et &agrave; marquer d'un caillou blanc dans l'histoire du cin&eacute;ma. Ceux, il en existe encore, qui connaissent un peu celle-ci, qui en ont vu les &oelig;uvres et par cons&eacute;quent ne r&eacute;agissent pas aux films d'aujourd'hui comme des lecteurs de Stendhal qui n'auraient pas lu Voltaire ou de Mauriac qui ignoreraient Racine, ces cin&eacute;philes avertis auront &eacute;t&eacute; sensibles &agrave; l'hommage, peut-&ecirc;tre conscient, peut-&ecirc;tre non, de l'auteur du &laquo;&nbsp;Cellulo&iuml;d et le Marbre&nbsp;&raquo; &agrave; deux de ses cin&eacute;astes de pr&eacute;dilection&nbsp;: Flaherty et le Murnau de Tabou. Cependant, bien s&ucirc;r, il faut venir aux &oelig;uvres vierge de r&eacute;miniscences, lav&eacute; &agrave; neuf de sa culture, pour les recevoir dans toute leur violence imm&eacute;diate, non filtr&eacute;e, - ou au contraire la mollesse de leur acad&eacute;misme ext&eacute;nu&eacute;. 

&nbsp;&nbsp; Les films d'&Eacute;ric Rohmer ne sont pas des films de fiction, mais des reportages sur ou &agrave; partir d'une fiction, parfois &agrave; plusieurs &eacute;tages&nbsp;: Avec la simplicit&eacute;&nbsp;brute (pr&eacute;sence forte des bruits, chants d'oiseaux&hellip;) &nbsp;d'un documentaire, cette Astr&eacute;e nous informe d' une vision de la Gaule au XVIIe si&egrave;cle port&eacute;e par une certaine&nbsp;langue litt&eacute;raire qui v&eacute;hicule une histoire localis&eacute;e sur la Carte du Tendre, de m&ecirc;me qu'avec l'Ordre vert Corinne Garfin a tourn&eacute; un reportage sur le montage d'une pi&egrave;ce de th&eacute;&acirc;tre qui raconte Le N&ocirc;tre &agrave; Versailles et Versailles &agrave; travers Le N&ocirc;tre. C'est une des voies les plus ouvertes du cin&eacute;ma d'aujourd'hui.
 ]]></description>
   <link>http://mourlet.blog.mongenie.com/index/p/2007/12/513992</link>
   <author>mourlet</author>
   <guid isPermaLink="true">http://mourlet.blog.mongenie.com/index/p/2007/12/513992</guid>
  <pubDate>Tue, 04 Dec 2007 15:25:36 +0100</pubDate>
  </item><item>
   <title>Conversation avec M. Hulot</title>
   <description><![CDATA[ &nbsp;
&nbsp; Novembre 1967&nbsp;: juste avant la sortie de &laquo;&nbsp;Playtime&nbsp;&raquo;, je passe une matin&eacute;e &agrave; bavarder avec Jacques Tati en train de peaufiner la bande-son. En ces jours o&ugrave; nous f&ecirc;tons &agrave; la fois le centenaire de sa naissance, le soixanti&egrave;me anniversaire de &laquo;&nbsp;Jour de f&ecirc;te&nbsp;&raquo; et le quaranti&egrave;me de la superproduction artisanale qui le ruina, &laquo;&nbsp;Le Spectacle du monde&nbsp;&raquo; publie dans son dernier num&eacute;ro, sous le titre de &laquo;&nbsp;M. Hulot en personne&nbsp;&raquo;, le r&eacute;cit de cette instructive conversation. O&ugrave; l&rsquo;on s&rsquo;aper&ccedil;oit r&eacute;trospectivement combien le bon sens populaire &ndash; et m&ecirc;me, fi&nbsp;! ma ch&egrave;re&nbsp;!&nbsp; &laquo;&nbsp;populiste&nbsp;&raquo; &ndash; voit plus clair, sent plus loin que le cul pinc&eacute; des technocrates et de la m&eacute;diasph&egrave;re. Toujours un peu rogn&eacute; par les imp&eacute;ratifs de la mise en page, ce t&eacute;moignage v&eacute;cu au petit bonheur d&rsquo;un &laquo;&nbsp;jour de f&ecirc;te&nbsp;&raquo; peut se lire dans son int&eacute;gralit&eacute; en suivant le lien&nbsp;: http://papiersenligne.spaces.live.com/Blog/cns!AA3C3B797FEA709E!126.entry
&nbsp;
Ci-dessus : Jacques Tati dans "Mon oncle". ]]></description>
   <link>http://mourlet.blog.mongenie.com/index/p/2007/11/505168</link>
   <author>mourlet</author>
   <guid isPermaLink="true">http://mourlet.blog.mongenie.com/index/p/2007/11/505168</guid>
  <pubDate>Thu, 22 Nov 2007 14:17:48 +0100</pubDate>
  </item><item>
   <title>Deux supports complémentaires : la Toile et le papier</title>
   <description><![CDATA[    

   Il y a environ trente-cinq ans, passant des vacances enchanteresses sur la Côte d'Azur avec une comédienne de grand talent mais de cœur incertain et un couple d'amis dont le mari était un bel ouvrier du violon, j'écrivais le matin, à la fraîche, une assez copieuse étude sur la « philosophie » de la télévision pour un hebdomadaire hélas disparu, jamais remplacé, « Les Nouvelles littéraires ». Cette étude, intitulée en hommage à André Bazin « Qu'est-ce que la télévision ? », et publiée en feuilleton durant plusieurs semaines, devait connaître une postérité inattendue avec le cours que je fus invité en 1983 à donner à la Sorbonne sur le même sujet, puis, en 2001, avec mon livre la Télévision où le mythe d'Argus, qui en reprenait la substance.  Depuis trente-cinq ans je n'ai cessé d'affirmer qu'il n'existait aucun antagonisme sérieux entre l'écrit (l'imprimé notamment) et les techniques modernes de communication. Je n'ai cessé de dire que la destruction annoncée du premier par les secondes (images animées, audiovisuel, multimédia…) dans des prophéties d'illuminés du type Mc Luhan, amateurs d'apocalypses foraines, ne se produirait point, pour de nombreuses raisons dont la moindre n'était pas que la communication par le langage écrit demeurerait toujours la base la plus sûre, simple, commode, de toutes les autres.

   J'en ai découvert une nouvelle preuve avec Internet, le meilleur relais, le plus docile serviteur qu'on puisse rêver de notre vieil ami Gutenberg. La voilà, cette informatique encore terrifiante pour certains,  qui se transforme en un immense marché du livre neuf et d'occasion, en éditeur de journaux, intimes ou d'information générale, en lieu de discussions non plus orales mais écrites, la voilà qui relance cet art et cette arme de la correspondance, au rancart depuis la vogue du téléphone ! On peut même l'utiliser pour doter d'une espérance de vie plus longue certains articles de presse promis en principe à l'existence éphémère des papillons. Ainsi pourra-t-on consulter sans complications inutiles la page entière de « Valeurs Actuelles » que j'ai consacrée à la brillante re-création de la pièce de Sartre, Nekrassov, par Jean-Paul Tribout, en suivant le lien : http://papiersenligne.spaces.live.com/?_c11_BlogPart_BlogPart=blogview&amp;_c=BlogPart&amp;partqs=amonth%3d10%26ayear%3d2007

   On peut également, et depuis peu, prendre connaissance de mon « Cinéma contre Roman revisité », publié dans le n° 48 de « L'Atelier du Roman » (Éditions Flammarion, décembre 2006) : http://papiersenligne.spaces.live.com/?_c11_BlogPart_BlogPart=blogview&amp;_c=BlogPart&amp;partqs=amonth%3d11%26ayear%3d2007

 

 Ci-dessus : Nekrassov, l&#039;Arsène Lupin de la guerre froide

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   <link>http://mourlet.blog.mongenie.com/index/p/2007/11/488365</link>
   <author>mourlet</author>
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  <pubDate>Thu, 01 Nov 2007 15:21:23 +0100</pubDate>
  </item><item>
   <title>Bonnes et mauvaises nouvelles</title>
   <description><![CDATA[     

   Je vole vers la mondialisation compliquée avec des idées simples. Aussi suis-je inondé de mauvaises nouvelles politiques dont le rôle, semble-t-il, est de se substituer à la pluie du ciel : en particulier certaines apostasies prévisibles,  l'alignement de la France (pis qu'un crime, on s'en apercevra bientôt, c'est une faute) sur le cow-boy qui tire dans tout ce qui bouge, notamment ses pieds, le tristement célèbre Jo Double Bûche ; ou encore la fraude électorale destinée à escamoter le vote négatif des Français sur la Constitution giscardienne (ne bourrons plus les urnes, jetons-les !), bref, en gros, le bradage accentué de notre vieille patrie au bénéfice du pire mondialisme apatride – attendu avec l'impatience qu'on devine par les nombreux descendants, toutes tendances confondues, de l'évêque Cauchon, des spéculateurs boursiers sur Waterloo et de Pierre Laval – , sous cette averse, donc, je ne trouve pour me consoler que des sujets de satisfaction, hélas, purement personnels. J'en mesure la frivolité. 

   D'abord, une missive du Pr Daniel Madelénat, le grand universitaire en quête  des monstrances[1] – ou des masques – du moi  et de l'intimité dans la littérature et les arts, gourou bienveillant (m'en voudra-t-il de cette hasardeuse définition de lui-même ?) au Centre de Recherches révolutionnaires et romantiques, rattaché à l'université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand. M'ayant fait l'honneur de lire mon « Venger Baudelaire » publié en juin dernier dans « le Spectacle du Monde », il me ferait presque rougir de confusion (si j'en étais encore capable) en qualifiant cette étude un peu hâtive, commandée la veille pour le lendemain ou peu s'en faut, de « brillante initiation pour un lecteur généraliste ». Je passe les autres compliments pour m'attarder un instant sur celui-ci. Rien n'est plus difficile en effet que d'intéresser un lecteur « généraliste » de magazine à un sujet culturel « pointu », exercice délicat qui fait trébucher les plus éminents spécialistes ; raison pour laquelle on les embauche rarement dans les journaux ! 

   Autre plaisir : la lecture de « Cinq chemins secrets dans la nuit », cinq textes de Jean Parvulesco, réunis dans une plaquette (Éd. DUX) où, avec mon roman « Histoire d'un maléfice » (Marie Dorval et Vigny), je me retrouve en compagnie d'Ezra Pound, Mircéa Éliade et quelques autres. Et je dois reconnaître que le flamboiement nocturne du style parvulesquien éclaire à merveille, telle que je l'avais imaginée, la descente aux enfers de l'actrice et du poète. Signalons à cette occasion l&#039;entretien de Christopher Gérard avec Parvulesco qui vient de paraître dans &quot;La Presse littéraire&quot; et rappelons l&#039;adresse de l&#039;excellent Journal en ligne de notre ami bruxellois : http://archaion.hautetfort.com/ 

   Troisième consolation, et la dernière pour aujourd'hui : la réédition augmentée, prévue pour avril, de mon livre sur le cinéma rebaptisé pour la circonstance « Sur un art ignoré ou la Mise en Scène comme langage », dans la collection Poche de Ramsay. Les gardiens visqueux du cinématographiquement correct vont encore écumer ! Comme disait à Patrice Dumby une de ses petites amies, férue de métaphores potagères : « Laisse baver les limaces, mon chou ! » 



Ci-dessus : &quot;Comment dit-on man spricht deutsch en anglais ?&quot; (Dessin paru à la Libération.) 

  



[1] Je précise à l'attention de mes censeurs éventuels que je prends ce mot dans son sens étymologique premier et non dans celui de « reliquaire » 

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   <link>http://mourlet.blog.mongenie.com/index/p/2007/10/484075</link>
   <author>mourlet</author>
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  <pubDate>Fri, 26 Oct 2007 14:10:07 +0200</pubDate>
  </item><item>
   <title>Un soir à Villers-Cotterêts</title>
   <description><![CDATA[ &nbsp; &nbsp;

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&nbsp;&nbsp; Samedi 20, au grand march&eacute; couvert de Villers-Cotter&ecirc;ts, Alexandre Dumas a rencontr&eacute; Chateaubriand sur une estrade am&eacute;nag&eacute;e en salle &agrave; manger d'h&ocirc;tel, o&ugrave; tr&ocirc;nait un superbe piano &agrave; queue. Une assistance nombreuse &eacute;tait venue applaudir les deux &eacute;crivains, la patronne de l'h&ocirc;tel et la servante. Il est vrai que la patronne s'appelait Ism&egrave;ne de Dampierre, et qu'elle jouait avec un brio peu commun les notes dont Berlioz a transfigur&eacute; quelques beaux po&egrave;mes de Th&eacute;ophile Gautier. Et la servante n'&eacute;tait autre que la mezzo-soprano Sylvie Oussenko, qui a si magiquement servi ces &laquo;&nbsp;Nuits d'&eacute;t&eacute;&nbsp;&raquo; qu'on en a presque oubli&eacute; la fra&icirc;cheur automnale du lieu.

&nbsp;&nbsp; Les r&eacute;p&eacute;titions, peu nombreuses, avaient eu lieu &agrave; la Maison des Auteurs de la S.A.C.D. et chez Ism&egrave;ne.&nbsp; Chateaubriand et Dumas sauraient-ils leur texte&nbsp;? Christian Baltauss et Jacques Mougenot avaient &eacute;t&eacute; tardivement engag&eacute;s, cette commande du Festival Dumas, sous l'&eacute;gide de &laquo;&nbsp;Lire en F&ecirc;te&nbsp;&raquo;,&nbsp; m'&eacute;tant &laquo;&nbsp;tomb&eacute;e dessus&nbsp;&raquo; courant ao&ucirc;t. De plus, Jacques Mougenot n'avait pu participer &agrave; toutes les r&eacute;p&eacute;titions en raison d'un tournage pour TF1. 

&nbsp;&nbsp; Eh bien, tout s'est pass&eacute; &agrave; merveille, &agrave; part un d&eacute;cha&icirc;nement de cloches au d&eacute;but, pour une c&eacute;r&eacute;monie &agrave; l'&eacute;glise toute proche. Le concert impr&eacute;vu&nbsp;a rappel&eacute; &agrave; Sylvie Oussenko une phrase du G&eacute;nie du Christianisme (cit&eacute;e de m&eacute;moire)&nbsp;: &laquo;&nbsp;Quand on entend les cloches, on entend la voix de Dieu.&nbsp;&raquo; Cette &laquo;&nbsp;avant-premi&egrave;re&nbsp;&raquo;, qui conna&icirc;tra une suite, je l'esp&egrave;re, a &eacute;t&eacute; film&eacute;e par Silva Gabriela Beju, sculpteur, peintre et architecte qui expose dans le monde entier et ajoute &agrave; ses multiples talents la pratique de la vid&eacute;o.

&nbsp;

&nbsp;Ci-dessus : Portrait de Dumas jeune.

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

 ]]></description>
   <link>http://mourlet.blog.mongenie.com/index/p/2007/10/482638</link>
   <author>mourlet</author>
   <guid isPermaLink="true">http://mourlet.blog.mongenie.com/index/p/2007/10/482638</guid>
  <pubDate>Wed, 24 Oct 2007 16:10:20 +0200</pubDate>
  </item><item>
   <title>Signature à l&#039;Amour du Noir</title>
   <description><![CDATA[    

   Ouvrez vite, chers visiteurs, vos agendas et notez : soirée faste le jeudi 27 septembre à la librairie L'Amour du Noir (voir carton d'invitation ci-joint) pour la signature de deux livres de réelle importance : un magnifique roman policier de Jean-Paul Török, « l'Énigme du MonteVerita » aux Éditions France Univers, et la troisième réédition, chez Ramsay, de l'inéludable « Fritz Lang » d'Alfred Eibel, publié la première fois en 1964 aux Éditions Présence du Cinéma, qui furent en quelque sorte la matrice de France Univers. Il faut, je crois, accorder une particulière attention à la collection « Cinéma » de Ramsay, dirigée par Caroline Levesque, qui vient de s'illustrer avec trois titres : « l'Impériale de Van Su » de Raoul Coutard, le célèbre chef-opérateur grâce à qui certains néophytes de la « Nouvelle Vague » ont pu être, à leurs débuts, en partie sauvés de l'amateurisme ; « Jean Vigo, un cinéma singulier » de Pierre Lherminier ; « le Burlesque ou la Morale de la tarte à la crème » de Petr Kràl. Nous aurons certainement l'occasion de revenir sur ces trois ouvrages, ainsi que sur un bel album de Carole Aurouet : « Prévert, portrait d'une vie ». 

___________________________________________________   



Les Editions Ramsay, France Univers

et la librairie L'Amour du Noir

ont le plaisir de vous inviter à rencontrer 

 

Alfred Eibel

Fritz Lang (Ramsay Poche Cinéma)

 

Jean-Paul Török

L'énigme du Monte Verita (France Univers)

 

jeudi 27 septembre  2007, à partir de 18h

à la librairie L'Amour du Noir

11 rue du Cardinal Lemoine, Paris 5e 
M° Cardinal Lemoine

Site : http://perso.wanadoo.fr/amourdunoir 
tel. : 01 43 29 25 66 

- Cocktail –

______________________________________________________

 ]]></description>
   <link>http://mourlet.blog.mongenie.com/index/p/2007/09/453947</link>
   <author>mourlet</author>
   <guid isPermaLink="true">http://mourlet.blog.mongenie.com/index/p/2007/09/453947</guid>
  <pubDate>Fri, 14 Sep 2007 14:38:50 +0200</pubDate>
  </item><item>
   <title>L&#039;IMPROMPTU DE LUCERNE</title>
   <description><![CDATA[   Du bout de son Cotentin balayé par les vents, mon ami Patrice Dumby vient de me pianoter un courriel insolemment joyeux : « Vive la rentrée ! Moi qui depuis ma sortie du lycée n'avait jamais clairement distingué de frontière entre les vacances et les jours ouvrés, pour une fois j'en aperçois une : le soleil brille enfin sur la France au moment qu'elle se remet au travail ! »

   Après avoir savouré comme il se devait le bel « au moment que », qui vous a une autre allure, on en conviendra, que le redondant « au moment où » de nos modernes, je me pris à songer que si l'ami Patrice (dont nous avons fêté cette année le quarante-deuxième anniversaire de la première apparition publique, dans un chapitre de Sur un art ignoré) n'avait pas choisi de gagner sa vie en travaillant du chapeau – et accessoirement de la plume – il aurait peut-être mieux compris la différence entre métro-boulot-dodo et  bord de l'eau-dodo-pédalo. 

   Mais peu importe ! Me voilà glosant sur Dumby alors que je voulais vous entretenir de ma rentrée à moi, laborieuse s'il en fut. En fait, c'est Chateaubriand et Alexandre Dumas qui vont reprendre du service : ils se rencontreront le 20 octobre à Villers-Cotterêts, dans un court dialogue (une heure à peine) entremêlé de mélodies chantées : l'Impromptu de Lucerne, commande qui m'est arrivée cet été à l'improviste pour agrémenter, dans le cadre de « Lire en fête », les Journées culturelles et gastronomiques de la ville natale, non seulement du père de d'Artagnan, mais du français comme langue officielle du royaume. 

   Je me suis inspiré d'un bref récit de Dumas, qui relate sa visite à son illustre aîné en l'Hôtel de l'Aigle à Lucerne, en 1832. Chateaubriand sera interprété par Christian Baltauss, dont on ne compte plus les films et séries télévisées, et Dumas par Jacques Mougenot, qui joue actuellement en tournées l'Affaire Dussaert et la Fourmi et la Cigale. Les mélodies : les Nuits d'été de Berlioz sur des poèmes de Théophile Gautier, seront interprétées au piano par Ismène de Dampierre et chantées par la mezzo-soprano Sylvie Oussenko (qui les a récemment enregistrées avec des lieder de Wagner). 

   Dès que j'en saurai davantage sur l'organisation de la journée et de la soirée (qui s'achèvera, après la représentation, par un banquet) je ne manquerai pas d'en fournir les détails ici même, ainsi que dans ma prochaine émission du lundi 1er octobre (où je recevrai notamment mes deux musiciennes).

   Liens : http://baltauss.ifrance.com

               www.evene.fr/celebre/biographie/jacques-mougenot-25701.php

 

Ci-dessus : Chateaubriand.

 

 ]]></description>
   <link>http://mourlet.blog.mongenie.com/index/p/2007/09/450785</link>
   <author>mourlet</author>
   <guid isPermaLink="true">http://mourlet.blog.mongenie.com/index/p/2007/09/450785</guid>
  <pubDate>Sun, 09 Sep 2007 17:31:04 +0200</pubDate>
  </item><item>
   <title>&quot;Français, mon beau souci&quot;</title>
   <description><![CDATA[     

   Pour le neuvième numéro (celui du 9 juillet) de mon émission radiophonique dévolue à la langue française, j'ai choisi de l'habiller de neuf : nouveau titre, nouveau générique musical. Comme je l'ai expliqué à l'antenne, Malherbe et Jean-Féry (ou Ferry) Rebel m'ont fourni les matériaux ad hoc. L'extraordinaire Prologue des Élémens, comme on orthographiait le mot à l'époque, ce « Chaos » dans lequel certains fossoyeurs (ou imbéciles heureux ?) aimeraient tant que retombât notre langue – comme le firent le latin ou le gaulois par exemple – pour se changer en une autre dont les locuteurs, à part une poignée d'érudits armés de dictionnaires,  ne comprendraient plus rien de nous ni de nos prédécesseurs, ce Prologue m'a paru la meilleure métaphore possible de l'histoire de la langue tout autant que du langage. 

   Je souhaiterais à cette occasion établir un court bilan des neuf premières émissions. Avec l'aide précieuse de mes assistantes, et particulièrement de la plus assidue : Catherine Distinguin, conseiller municipal (ou, si l'on préfère, conseillère municipale, encore que je ne voie pas clairement ce que ce féminin apporte, sinon l'oubli que la fonction ne saurait être, à moins d'intention sexiste,  conditionnée par le sexe et que, dès lors, c'est le neutre qui s'impose, le genre neutre en français étant assumé par le masculin), huit sujets ont été successivement abordés : les rapports de l'écrivain avec sa langue ; la langue française, cadeau de Noël ; le pouvoir des maires et la loi Toubon ; le monde de l'édition face à la langue française ; l'évolution de la presse écrite ; la Fête de la Courtoisie ; le français vu de l'extérieur (deux parties) ; la langue française et le théâtre contemporain. 

   Mes invités (dans le désordre) : les écrivains Guy Dupré, Christian Dedet et Christopher Gérard, Florent Georgesco, rédacteur en chef de « la Revue littéraire » et conseiller éditorial (Éditions Léo Scheer), les directeurs de théâtre Jean-Luc Jeener et Daniel Royan, les écrivains et journalistes Michel Marmin, et Philippe Barthelet,  Marc Favre d'Échallens, administrateur de DLF et secrétaire général de Droit de comprendre, l'écrivain et éditeur Arnaud Bordes, Arlette Renaud-Boué, présidente de deux associations d'aide à la Roumanie francophone, Bernard Le Saux, critique littéraire, le Pr Beaumont, maire de Saint-Maur, Jean-Pierre Lecoq, maire du VIe arrondissement de Paris, Olivier Clodong, essayiste et chargé de communication, le journaliste et essayiste Gérard Gachet, l'essayiste Xavier Soleil, Lakis Proguidis, directeur de la revue « L'Atelier du roman » (Éditions Flammarion/Boréal), le metteur en scène et comédien Jean-Laurent Cochet, Mohamed Larbi Haouat, vice-président de l'AFAL et du Centre de Philosophie de la Stratégie, Samir Marzouki, conseiller de l'Organisation internationale de la Francophonie, les comédiens Stéphanie Mathieu, Jacques et François Mougenot, Pierre Londiche, le Pr Robert Kopp, éditeur, essayiste, ancien directeur de la collection « Bouquins ». J'espère n'avoir oublié personne. 

   Quelques lecteurs ou auditeurs m'ont demandé s'il existait un moyen de se renseigner sur une émission qu'on a manquée. Je rappelle d'abord que « Français, mon beau souci », mensuelle, est rediffusée quatre fois à des heures différentes au cours de la semaine de sa programmation. Ensuite, il est toujours possible de se procurer une cassette enregistrée de l'émission auprès du secrétariat (01 46 51 00 85). Enfin, un certain nombre d'informations sur chaque émission figurent dans le journal en ligne (ou « blog ») de Radio Courtoisie, qui en contient les références archivées : www.radio-courtoisie.over-blog.com 

   Les auditeurs qui ne parviennent pas à capter la station par voie hertzienne ont deux solutions de rechange : le satellite TPS pour la France, l'Europe et l'Afrique du Nord et Internet pour le monde entier : www.radiocourtoisie.net. C'est, d'après mon expérience, cette dernière formule qui procure le meilleur confort d'écoute. 

  

Ci-dessus : François de Malherbe, dont j&#039;ai détourné le célèbre hémistiche &quot;Beauté, mon beau souci&quot;. 

  

  

  

  

  

  

  

  

  

  

 ]]></description>
   <link>http://mourlet.blog.mongenie.com/index/p/2007/07/411773</link>
   <author>mourlet</author>
   <guid isPermaLink="true">http://mourlet.blog.mongenie.com/index/p/2007/07/411773</guid>
  <pubDate>Tue, 17 Jul 2007 10:15:54 +0200</pubDate>
  </item><item>
   <title>L&#039;énigme du Monte Verita</title>
   <description><![CDATA[    

   Certains de mes amis ont reçu récemment un prospectus (pour ceux qui ne comprendraient pas : flyer en franglais blaireau) leur proposant de souscrire au tirage de tête du prochain livre de Jean-Paul Török : l'Énigme du Monte Verita. Török est un écrivain comme je les aime : il n'écrit que ce qu'il a envie d'écrire, comme il en a envie, quand il en a envie ; autrement dit : quand ça lui chante dans la tête. Comme votre serviteur, il adhère entièrement à la Déclaration des Droits de l'écrivain égotiste formulée par Borges : « J'écris pour moi, pour mes amis et pour adoucir le cours du temps. » Du coup, il publie une littérature rare aux deux sens du mot, de celles qui ne parviennent qu'au rivage des vrais connaisseurs, et sont promises à la durée. 

   Il a été scénariste de Claude Sautet, critique de cinéma, réalisateur de courts métrages (dont un document de toute première importance sur André Breton, qu'il a bien connu en compagnie des derniers cadets du surréalisme) ; il a été maître de conférences et responsable de la formation doctorante cinéma et audiovisuel à Paris I. Son ouvrage sur la théorie du scénario fait autorité ; Pour en finir avec le maccarthisme, lumières sur la liste noire à Hollywood a reçu le grand prix du Syndicat de la critique en 1999 ; sa très perspicace monographie de Pierre Benoit a été couronnée par l'Académie française en 2004 ; et j'ai eu le très grand plaisir, quand j'étais directeur de la collection « Pages de garde » chez Trédaniel, d'éditer son magnifique recueil de nouvelles  le Frôlement des ailes. À la rentrée paraîtra chez Pardès son André Breton ou la hantise de l'absolu, première et volumineuse biographie critique de l'auteur de Nadja.

   En attendant, les Éditions France Univers préparent pour septembre l'édition du passionnant roman policier que ce maître de la théorie scénaristique a fait bouillir dans ses cornues en hommage aux auteurs de crimes en « chambre close » et plus particulièrement à John Dickson Carr. Je crois savoir qu'il reste encore quelques exemplaires numérotés disponibles à la souscription (18 €). Cela vaut d'autant plus la peine d'y souscrire que l'édition courante coûtera plus cher dès parution, en librairie et par correspondance. On peut se renseigner en écrivant à : france.univers@wanadoo.fr ou commander directement à France Univers – 3, rue d'Estienne-d'Orves – 92110 Clichy-la-Garenne/France.

 

Ci-dessus : les bords du lac Majeur, décor du crime.

     

 ]]></description>
   <link>http://mourlet.blog.mongenie.com/index/p/2007/06/395161</link>
   <author>mourlet</author>
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  <pubDate>Tue, 26 Jun 2007 09:57:19 +0200</pubDate>
  </item><item>
   <title>Venger Baudelaire</title>
   <description><![CDATA[   S'étant aperçu un peu tardivement que parmi les célébrations nationales de 2007 flamboyait sombrement le cent-cinquantième anniversaire de la publication des Fleurs du Mal,   Le Spectacle du Monde  m'a commandé en catastrophe un papier  grand format sur Baudelaire. Occasion à saisir ! C'est dans les poètes dévorés fiévreusement à seize ans que j'ai puisé ma passion d'écrire et mon refus instinctif de la littérature-canigou qui fait saliver les éditeurs. Poètes qui, pour n'être plus « maudits », n'en sont pas moins aussi maltraités aujourd'hui. Plus exactement, c'est la poésie tout entière à présent qui est maudite puisqu'elle n'intéresse personne. 

   Certes, il n'existait pas davantage de lecteurs portés spontanément vers elle au XIXe siècle (par quel mystère psycho-biologique ou quelle mutation brusque le contraire pourrait-il être advenu ?), mais il existait des critiques, des journaux, des revues, des éditeurs, des libraires capables de la sentir et par conséquent de tirer les lecteurs vers le haut. Imaginez le brave épicier qui tient la librairie près de chez vous conseillant à sa clientèle un recueil de poèmes écrits au XXIe siècle ! Vous rigolez et moi aussi : il ne les accueille même pas sur ses rayons. 

   Quant aux critiques, si par extraordinaire ils se penchent sur de la poésie contemporaine, on peut parier qu'il s'agira d'énigmatiques équations de vocables surgelés, d'abstractions exsangues ou de prose arbitrairement découpée en lignes inégales. Mais de rythme, point ; de musique, pas davantage ; et quant à suggérer quelque chose, vision, couleur, sonorité, sentiment, souvenir, vibration, ou même ce « mot nouveau, inouï » fait de tous les mots du poème, que Mallarmé appelait de ses vœux, il vaut mieux, petite Madame, retourner faire votre marché chez les surréalistes ; derniers connus pour avoir déroulé la dense, folle, flottante beauté du ruban poétique, plus une dizaine de phrases de René Char (guère davantage, hélas !) et, dans mon cabas personnel, quelques magnifiques chuchotements de Pierre-Béranger Biscaye et de Daniel Lander - qui vient de publier aux Éditions Racine l'un de ses plus beaux recueils : les Yeux fermés (Librairie-Galerie Racine : 23, rue Racine, 75006 Paris) , poignantes confidences d'une sérénité conquise sur le désespoir. Il est vrai qu'on ne peut pas tout lire et qu'entre Inforoute et Bison futé la poésie circule plutôt mal. 


   Toujours est-il que mon grand article sur Baudelaire, trop long, a été sévèrement émondé à la mise en pages. Outre un résumé biographique édifiant du pauvre Jules Vallès, ont été coupés notamment deux passages qui justifiaient de façon plus complète et actualisaient le titre que j'ai choisi : « Venger Baudelaire ». Dans l'un je citais une phrase particulièrement malheureuse d'André Gide, dans l'autre j'évoquais un ballet de Béjart, Baudelaire, totalement à contresens par rapport à l'esthétique de l'Invitation au voyage et du sonnet la Beauté. Aussi, ceux de mes lecteurs qui souhaiteraient prendre connaissance de la version intégrale de « Venger Baudelaire » peuvent cliquer sur le lien suivant :  

http://papiersenligne.spaces.live.com/Blog/cns!AA3C3B797FEA709E!118.entry

 
 ]]></description>
   <link>http://mourlet.blog.mongenie.com/index/p/2007/06/381054</link>
   <author>mourlet</author>
   <guid isPermaLink="true">http://mourlet.blog.mongenie.com/index/p/2007/06/381054</guid>
  <pubDate>Mon, 11 Jun 2007 17:35:38 +0200</pubDate>
  </item><item>
   <title>Edward Quinn : dix ans déjà :</title>
   <description><![CDATA[     

  

  

   En 1997 disparaissait Edward Quinn, grand photographe irlandais de célébrités. Il avait exercé son art sur la Côte d'Azur. Il avait été un des premiers à comprendre que pour au moins un demi-siècle, en gros de 1950 à l'orée des années 2000, la plus forte densité de &quot; people&quot;, de dés pipés et de pipeuses du monde entier affluerait dans ce petit coin béni des dieux. « Pourquoi veux-tu, me dit-il un jour avec son grand sourire tout à la fois naïf, malicieux et amical, que je coure à Los Angeles, à Moscou, en Inde, alors que le gratin de Hollywood, de la révolution prolétarienne et même les maharadjahs se donnent tous rendez-vous ici ? Ami de Picasso, il tourna sur lui un film, sorte de portrait au quotidien, document de référence aujourd'hui aussi fameux que le film de Clouzot, et publia des albums consacrés au glorieux citoyen de Vallauris.  

   Je l'avais rencontré en 1965 (ou 66 ?) au festival de télévision de Monte-Carlo, où je me rendais à l'époque presque chaque année. Cette assiduité, renouvelée dans les années 90, me permit de me frotter à une production internationale – et non pas seulement américaine – rarement accueillie par nos petits écrans, expérience qui me fut d'un certain secours lorsque l'Université me proposa d'enseigner ma théorie de l'audiovisuel à Paris I. Je ne me rappelle plus dans quelle circonstance j'ai rencontré Edward, peut-être un coquetel attirant  tel un aimant une foule de paparazzi et d'hirondelles ; une de ces réceptions  où, comme dans la Famille Adams,  une main pâle aux longs doigts en forme de pince s'insinuait vers les assiettes d'amuse-gueule ; main que, sans en voir le propriétaire, on identifiait à coup sûr : le correspondant local du Film français. La journaliste suisse Édith Wieland et moi nous amusions beaucoup de cette ondoyante main de coquetèliste consommé. 

   Mais revenons à Edward Quinn. Il m'avait harponné au passage, connaissait mon nom (il avait dû entendre parler de Sur un art ignoré qui venait de paraître et dont, selon Maurice Le Roux, un Favre-Lebret écumant faisait des gorges chaudes sur la Croisette) ; notre Irlandais parlait avec une gentillesse et un enthousiasme désarmants. La chaleur de ce premier contact ne devait jamais se démentir. D'emblée il m'entretint d'un projet de film auquel il souhaitait m'associer comme scénariste-dialoguiste. Sa demande s'assortissait d'une invitation à venir travailler trois mois chez lui, à Nice ; invitation que j'acceptai. 

   Avec sa femme Grete, il habitait une villa idéalement située sur la Grande Corniche, bordée d'uu jardin quelque peu négligé où je vis pour la première fois des pélargoniums, cultivés chez moi en pot, quasi arbustifs en pleine terre. Ni l'un ni l'autre de mes hôtes ne semblait très porté sur la culture, qu'elle fût maraîchère ou de fleurs. J'ai vécu là quelques mois d'une existence monacale, frugale (Quinn ne roulait pas sur l'or) et laborieuse qui comptent parmi les meilleurs souvenirs de ma vie. Son film devait s'intituler la Fin de l'été. Ted – ainsi l'appelait sa femme – voulait raconter l'histoire d'une petite bande de garçons et de filles en vacances à Saint-Tropez, amours, rencontres, camaraderie, pétanque, pastis, bagarres, sur le point de rentrer à Paris dans une certaine mélancolie des belles choses finissantes et des couchers de soleil.  C'est là que je mis au point le personnage de Patrice Dumby, qui devait  souvent m'accompagner par la suite. Dans le scénario, Edward l'avait baptisé Éric, mais c'était bien le même : Casanova misogyne et amoureux transi, hédoniste obsédé de métaphysique, ombrageux et mondain, insolent par timidité surmontée, rêveur cuirassé d'ironie dont la devise pourrait être : « Désespérons gaiement ». 

   Grete, la fée du logis, je l'aimais bien aussi. Elle s'occupe à présent de la gestion des archives et, je suppose, des droits d'auteur d'Edward, quelque part dans son canton d'origine. Je ne l'ai pas revue depuis au moins vingt-cinq ans. Dans les années 60-70, m'accueillant sur le pas de sa porte,  elle ressemblait à une squaw au seuil du wigwam, cheveux raides, beau visage souriant, charpenté et cuivré. Elle me dépaysait par son humour helvético-germanique (le même exactement qu'Édith Wieland) doucement rusé, complice et un peu lent, si convivial, si différent de la pirouette anglo-saxonne ou du trait français. Elle s'intéressait beaucoup à mes démêlés amoureux et conjugaux et s'ingéniait à me tirer des confidences qui  me la rendaient encore plus sympathique. A la mort d'Edward, je lui en ai un peu voulu de ne pas m'avoir averti. J'ai appris la nouvelle par les journaux. Et puis je me suis avisé d'une règle que j'ignorais, ayant été élevé dans une famille d'autrefois : les veuves n'informent plus de son décès les amis de leur mari. Je m'en suis rendu compte à la mort de Jean Curtelin et de Cottafavi, de Claude Beylie, le critique et historien du cinéma. J'attends la suite de la liste, pour confirmer la nouvelle règle. Vérifier une fois de plus qu'on n'invoque sans cesse une chose qu'à partir du moment où elle cesse d'exister : on  nous rebat les oreilles de « communication » parce qu'on ne communique plus. 

   J'ai raconté ailleurs dans quelles difficultés le malheureux Quinn s'était débattu pour monter la production de notre film. Il dut finalement y renoncer et par la suite, sans s'y étendre outre mesure, m'expliqua qu'il en avait tourné une version abrégée. Je n'ai pas saisi exactement de quoi il était question, n'ai pas voulu retourner le couteau dans la plaie et, de cette version fantôme,  n'ai jamais retrouvé la trace. Pour finir, détestant l'idée d'avoir travaillé pour rien, j'ai repris mon scénario et l'ai remanié de fond en comble pour en faire le troisième volume de la « Chronique de Patrice Dumby » : les Filles de l'eau, publié par la Table Ronde en 1986.   
Voir : www.edwardquinn.com

 
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   <link>http://mourlet.blog.mongenie.com/index/p/2007/06/378233</link>
   <author>mourlet</author>
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  <pubDate>Thu, 07 Jun 2007 18:08:36 +0200</pubDate>
  </item><item>
   <title>Souveraineté = Liberté</title>
   <description><![CDATA[     

   En 2002, peu de temps avant l'élection présidentielle, les Éditions France Univers faisaient paraître un opuscule, « Pourquoi Chevènement » où Philippe de Saint-Robert et moi-même (qui avions élaboré dix ans auparavant un copieux volume collectif, « l'Europe déraisonnable » (Guibert/Valmonde) en faveur du « Non à Maëstricht ») apportions notre soutien au candidat du patriotisme républicain… Celui-ci, en progression constante dans les sondages, allait bientôt, hélas, montrer lors de ses interventions en public son incapacité à rassembler et son absence de charisme, au cours d'une campagne pathétiquement incolore et timorée. Chaque fois qu'il prenait la parole, il perdait cent mille voix, phénomène très vite perçu par tous les Français, sauf, sembla-t-il, par lui-même. 

   En 2007, il acheva de se discréditer en échangeant son âme contre une maigre assiettée de choux de Bruxelles, assaisonnés par la plus nulle des cuisinières, et qu'il n'est même pas sûr de pouvoir manger. 

   Malgré ce handicap considérable, l'opuscule « Pourquoi Chevènement » poursuit sa carrière dans le catalogue en ligne de France Univers. Il est régulièrement commandé par des lecteurs qui ont compris que l'important n'était pas le nom de la rosse incapable de porter notre France cavalière, mais cette France elle-même, courageuse, indomptable, rêveuse encore. Cette France ne veut pas renier son Histoire pour devenir à grands frais  une province de l'empire mou qui se bricole depuis des lustres entre Bruxelles et Francfort, sous la surveillance de l'Al Capone de la Maison Blanche. 

   Ce petit volume renferme toutes nos raisons de souhaiter retrouver et conserver la pleine maîtrise de notre destin, comme l'ont si bien su faire les Anglais jusqu'à présent. www.france-univers.com 

  

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   <link>http://mourlet.blog.mongenie.com/index/p/2007/05/372991</link>
   <author>mourlet</author>
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  <pubDate>Thu, 31 May 2007 18:16:39 +0200</pubDate>
  </item><item>
   <title>Un souvenir de mai 68</title>
   <description><![CDATA[       Un lecteur parisien d' « André Fraigneau, le Livre du Centenaire » me demande par courriel des détails sur la participation de l'écrivain à la série télévisée « les Yeux et la Mémoire » de Jean-Marie Drot,  interrompue par le psychodrame de mai 68. Comme il est mentionné dans sa Chronologie bio-bibliographique, Fraigneau a commencé de travailler pour la Télévision française en 1948 : il improvisait des commentaires en direct sur des émissions de Claude Barma, notamment, et de Gilles Margaritis, le célèbre réalisateur de « la Piste aux étoiles ». Puis (m'a-t-il raconté plus tard) en 1950 il se trouva placé devant une alternative : ou bien poursuivre ses modestes débuts dans le nouveau média – qui n'en était alors qu'à ses balbutiements – ou bien entrer par la grande porte, ouverte par Paul Gilson et Vladimir Porché, à la Radiodiffusion française. Il opta pour la seconde solution et entama ainsi à 45 ans une fructueuse carrière d'auteur, producteur et présentateur d'émissions radiophoniques qui devait durer jusqu'en 1985. Pendant ce temps, il fournit à la télévision quelques prestations épisodiques.

   D'autre part, Jean-Marie Drot, à la fin des années 60, avait conçu une grande série télévisée qui devait retracer l'histoire et les Riches Heures de la Télévision française. Quelque temps auparavant, membre du jury international du Festival de Bergame, j'avais fait la connaissance de Marcel Duchamp ainsi que de Drot, dont nous avions couronné, après un travail d'influençage particulièrement actif de ma part, le superbe court métrage « Jeu d'échec avec Marcel Duchamp ». Par la suite, j'avais souvent revu Jean-Marie Drot, parfois à l'occasion d'articles et d'entretiens publiés dans le cadre de la chronique télévisuelle que j'ai tenue dans  les « Nouvelles littéraires » de 1967 à 1973. Tant et si bien que lorsqu'il entreprit « les Yeux et la Mémoire », il m'offrit  (fin 67 ou début 68, je ne sais plus) d'en être le conseiller artistique, ce qui me permit de consulter d'extraordinaires archives de la R.T.F. dont je possède encore les « notes de visionnement »  griffonnées durant les projections. 

   C'est donc en cette qualité et dans ce contexte que je fus amené à demander à Fraigneau de venir parler de son camarade Gilles Margaritis devant la caméra du téléaste des « Heures chaudes de Montparnasse », plantée au milieu de la piste du Cirque d'Hiver. Hélas, les niaiseries tumultueuses de nos brillants étudiants mirent fin au tournage de la série, qui eût laissé une trace irremplaçable de la créativité, du génie des pionniers, à l'époque où la télévision n'avait pas encore sombré dans le mercantilisme de la Parole unique (un des résultats lointains, soulignons-le, de la « libéralisation » soixante-huitarde). 

   Pour en terminer avec l'épisode Drot-68 et la suite, une nouvelle déconvenue devait marquer mes relations  avec notre télévision nationale, relations que je raconterai plus précisément un jour, par la voie gutenbergienne. À l'initiative, encore, de Jean-Marie Drot, organisateur d'une exposition audiovisuelle sur André Malraux, il me fut confié fin 1977 la tâche de recenser et analyser ce que les archives télévisées possédaient des apparitions du grand homme au petit écran. Je m'acquittai de ce devoir – j'en détiens toujours le dossier – à la suite de quoi le responsable financier m'informa et me confirma par écrit que d'autres recherches étaient possibles et  indispensables, et qu'on me les confierait en 1978. Nous convînmes que j'attendrais ce complément d'investigation pour remettre l'ensemble de mes analyses et conclusions. Je fus payé pour la première partie de mon travail. Je reçus un charmant bristol de Mme Sylvie Fansten, « conseiller de programme » (on ne disait pas encore « conseillère » ni « consultante », puisqu'on savait encore parler un peu le français), qui semblait ne rien savoir du déroulement des opérations. Puis, je ne vis plus jamais venir quoi que ce fût. J'en conclus que l'exposition Malraux était elle aussi tombée à l'eau, et je passai dare-dare à d'autres activités moins irréelles. Depuis,  je n'ai plus eu le moindre signe de vie de mon ami ( ?) Jean-Marie Drot. (L'installation aux commandes, en 1981, d&#039;un grand amateur d'ortolans, et qui savait récompenser les allégeances, n'arrangea rien, je suppose...)  Et vive la Mésopotamie ! comme chante, d'outre-gibet, un autre vieux copain de Patrice Dumby. 

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   <link>http://mourlet.blog.mongenie.com/index/p/2007/05/345275</link>
   <author>mourlet</author>
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  <pubDate>Tue, 01 May 2007 13:47:49 +0200</pubDate>
  </item><item>
   <title>Le bonjour d&#039;Alfred</title>
   <description><![CDATA[     

   Contrairement à ce que vous pouvez croire, Alfred n'est ni le pingouin d'Alain Saint-Ogan, ni un cinéaste féru de suspens, ni un pianiste célèbre, ni même mon voisin du dessous, le père Rémondon, dont je tirais la sonnette à l'heure de la sieste quand j'avais sept ans. Non, Alfred Eibel est, comme disent volontiers les amateurs de scies journalistiques, un incontournable critique littéraire. Un des rares, en tout cas, avec Pol Vandromme, Bernard Le Saux, Lakis Proguidis, Florent Georgesco et quelques autres, à savoir encore lire et même écrire, ce qui n'est pas rien par les temps qui courent. Quoique le connaissant depuis bientôt un demi-siècle, j'ai choisi aujourd'hui de vous donner deux ou trois nouvelles de lui parmi les plus récentes. 

   Des nouvelles, justement, en voici, mais dont l'auteur est Jean-Pierre Martinet, mort prématurément en 1993 après avoir bu un grand nombre de bouteilles et publié un très petit nombre de livres dont l'ironie funèbre, inséparable pour moi de Swift et de l'Irlande, m'évoquait avec moins d'âpreté, plus de classicisme aussi, mais autant d'aboulie désespérée, Oh les beaux jours, Molloy ou Malone meurt. J'ai eu le bonheur de publier dans mon magazine Matulu  (dont il était « directeur de la publication ») les premiers textes de Martinet, qui m'avait été présenté en 1970 par Michel Marmin, le futur scénariste de Gérard Blain. Certains points d'histoire, je crois, sont utiles à rappeler, car on ne va pas tarder, comme d'habitude, à raconter n'importe quoi. Marmin avait rencontré Martinet à l'ORTF. Ils y travaillaient tous deux après  l'IDHEC où j'avais, en tant que directeur de mémoires de fin d'études, connu Marmin, sur le point de devenir un magnifique marin à pompon avec qui, lors de ses permissions, je m'entretenais de Nietzsche et de Raoul Walsh. 


   Mais, direz-vous, où est passé Alfred, lui aussi ancienne cheville ouvrière de Matulu, dans tout cela ? Eh bien – « les copains d'abord », chantait Brassens –  il s'emploie courageusement à faire survivre et reconnaître Martinet dans le PLF (paysage littéraire français). Ce qui, vu l'état actuel dudit, n'est pas d'un mince mérite. À son initiative, deux merveilleuses plaquettes ont paru à la fin de l'année dernière, rééditions de nouvelles dont l'une, l'Orage, fut publiée dans Matulu. Postfacée par Alfred Eibel, la première de ces plaquettes, Nuits bleues, calmes bières, est éditée par Finitude (14, cours Marc Nouaux – 33000 Bordeaux) ; on trouve la seconde, la Grande Vie, préfacée par Éric Dussert, à l'enseigne de L'Arbre vengeur (15, rue Berthomé - 33400 Talence – http://arbre.vengeur.free.fr).



   Puis Alfred Eibel vient de préfacer – là où on l'attendait le moins – un ouvrage d'économie politique et sociale qui examine la question de la participation, au sens gaulliste du mot bien sûr, et non au sens ségolénien de « démocratie participative », simple variante de la phrase : « Je suis votre chef, donc je vous suis ! » J'avoue n'avoir pas vraiment réussi à me plonger dans ce livre dont j'ai surtout retenu un court et curieux chapitre sur Nicolas Sarkozy et une remarque assez naïve au sujet d'un prétendu européisme de De Gaulle, appuyé sur deux phrases de circonstance ; à peu près comme si on étayait sa politique algérienne sur « Je vous ai compris ! » et « L'Algérie, c'est la France. » (Roger Soulier, la Participation, Durante éditeur.) 

   Autre manifestation récente de l&#039;activité d&#039;Alfred Eibel, un superbe article dans Valeurs Actuelles (N° 3671) sur André Fraigneau, le Livre du centenaire, ouvrage-somme qui vient de paraître aux Editions France Univers et qui est encore en souscription jusqu&#039;au 30 avril : www.france-univers.com


   Enfin, ce bonjour d'Alfred s'achève aux Éditions du Cherche-Midi par 492 pages d'erreurs judiciaires. En compagnie de Roland Gordienne, il a recensé depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours des centaines de cas où il semble établi que la Justice s'est trompée, sciemment ou involontairement, en condamnant un innocent. On observera que l'effort de vérité ne s'effectue jamais en sens inverse : combien de coupables ont échappé par erreur à un juste châtiment ? À partir du moment où un jugement peut-être rendu  sur intime conviction, témoignage, dénonciation, échafaudage logique, faisceau de présomptions ou convergence d'hypothèses, mais sans preuve matérielle, aucune certitude n'est jamais acquise et toute condamnation, tout acquittement révocable en doute. Voilà de « mauvaises pensées » (comme disait Valéry) auxquelles notre ami Alfred n'avait peut-être pas imaginé qu'il nous conduirait. 

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   <link>http://mourlet.blog.mongenie.com/index/p/2007/04/330332</link>
   <author>mourlet</author>
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  <pubDate>Sat, 14 Apr 2007 07:28:38 +0200</pubDate>
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