| mercredi 19 août 2009, a 17:20 |
| Du bon usage de l'insulte |
Je m'inquiétais un peu : cela faisait quelque temps – quelques mois – que je ne recevais plus d'insultes. Étais-je sur la voie de la péremption, comme un vieux yaourt ? Dépenserais-je désormais en pure perte mon encre et ma salive ? Le divin plaisir de choquer les imbéciles, de chauffer au rouge de l'indignation les tartuffes et les obtus me serait-il maintenant interdit comme la pipe, le cigare et le whisky ? On a beau s'habituer à tout et fabriquer avec le pire sa substance, il y a des coups durs qui restent difficiles à encaisser. Je commençais à me voir en fauteuil roulant, poussé par une jolie infirmière qui m'aurait lu au long de la promenade les missives intelligentes et délicieuses que je reçois à longueur d'année de divers endroits du monde, dont parfois la France…
Depuis ce matin, je sais mes craintes infondées. Quelqu'un, qui veut se faire passer pour un débile à visière sur la nuque, hoquette sur ce Journal en ligne des injures baveuses, mais… trop appliquées pour être authentiques. Même ses fautes d'orthographes n'ont pas l'air de venir du fond du cœur. Et comment un analphabète de banlieue à risque viendrait-il s'égarer dans ces pages où l'on rencontre plus souvent Chateaubriand ou Molière que Michael Jackson ? Non, ce « courageux anonyme », selon la formule consacrée, n'est sûrement pas venu feuilleter par hasard mon « Carnet de route », et c'est justement ce qui me fait plaisir. Il m'apporte la preuve que les petits cailloux que je jette de-ci de-là dans « la mer de la connerie qui monte », comme disait Montherlant, atteignent encore quelques crabes. C'est donc sur un constat optimiste que je conclurai ce billet de vacances, en attendant de repianoter plus assidûment sur mon clavier. |
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| lundi 15 septembre 2008, a 10:18 |
| L'Impromptu de Combourg |
 Je reviens de Combourg via Saint-Malo, autrement dit d'un pèlerinage sur les lieux où s'est formé le génie de Chateaubriand. Un autre motif m'y appelait : la reprise à Combourg de mon Impromptu de Lucerne créé l'an dernier au Festival Dumas. Cette rencontre, en 1832, entre le géniteur le plus complet, le plus universel (il y en a eu d'autres, mais moins puissants) du romantisme français et le plus turbulent de ses enfants, intrigue beaucoup les gens qui n'ont pas lu les Mémoires de Dumas père. D'où le succès de ce petit spectacle où j'ai mêlé au discours la musique admirable de Berlioz. La municipalité avait bien fait les choses, pour accueillir les artistes. Cette fois, ils ont pu se donner à fond sans être dérangés par un tintamarre de cloches comme dans la grande halle de Villers-Cotterêts… Les deux nouveaux interprètes, François Mougenot (Chateaubriand) et Émilie Moutin au piano, ont été magnifiques et dignes en tous points de leurs interlocuteurs, Jacques Mougenot et Sylvie Oussenko. De l'avis général, la carrière de cet Impromptu ne fait que commencer, ce dont nous nous réjouissons tous.
Ci-dessus : Emilie Moutin |
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| dimanche 09 septembre 2007, a 17:31 |
| L'IMPROMPTU DE LUCERNE |
Du bout de son Cotentin balayé par les vents, mon ami Patrice Dumby vient de me pianoter un courriel insolemment joyeux : « Vive la rentrée ! Moi qui depuis ma sortie du lycée n’avait jamais clairement distingué de frontière entre les vacances et les jours ouvrés, pour une fois j’en aperçois une : le soleil brille enfin sur la France au moment qu’elle se remet au travail ! »
Après avoir savouré comme il se devait le bel « au moment que », qui vous a une autre allure, on en conviendra, que le redondant « au moment où » de nos modernes, je me pris à songer que si l’ami Patrice (dont nous avons fêté cette année le quarante-deuxième anniversaire de la première apparition publique, dans un chapitre de Sur un art ignoré) n’avait pas choisi de gagner sa vie en travaillant du chapeau – et accessoirement de la plume – il aurait peut-être mieux compris la différence entre métro-boulot-dodo et bord de l’eau-dodo-pédalo.
Mais peu importe ! Me voilà glosant sur Dumby alors que je voulais vous entretenir de ma rentrée à moi, laborieuse s’il en fut. En fait, c’est Chateaubriand et Alexandre Dumas qui vont reprendre du service : ils se rencontreront le 20 octobre à Villers-Cotterêts, dans un court dialogue (une heure à peine) entremêlé de mélodies chantées : l’Impromptu de Lucerne, commande qui m’est arrivée cet été à l’improviste pour agrémenter, dans le cadre de « Lire en fête », les Journées culturelles et gastronomiques de la ville natale, non seulement du père de d’Artagnan, mais du français comme langue officielle du royaume.
Je me suis inspiré d’un bref récit de Dumas, qui relate sa visite à son illustre aîné en l’Hôtel de l’Aigle à Lucerne, en 1832. Chateaubriand sera interprété par Christian Baltauss, dont on ne compte plus les films et séries télévisées, et Dumas par Jacques Mougenot, qui joue actuellement en tournées l’Affaire Dussaert et la Fourmi et la Cigale. Les mélodies : les Nuits d’été de Berlioz sur des poèmes de Théophile Gautier, seront interprétées au piano par Ismène de Dampierre et chantées par la mezzo-soprano Sylvie Oussenko (qui les a récemment enregistrées avec des lieder de Wagner).
Dès que j’en saurai davantage sur l’organisation de la journée et de la soirée (qui s’achèvera, après la représentation, par un banquet) je ne manquerai pas d’en fournir les détails ici même, ainsi que dans ma prochaine émission du lundi 1er octobre (où je recevrai notamment mes deux musiciennes).
Liens : http://baltauss.ifrance.com
www.evene.fr/celebre/biographie/jacques-mougenot-25701.php
Ci-dessus : Chateaubriand.
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