| jeudi 22 octobre 2009, a 09:43 |
| Balzac et sa boule de cristal |
 Il y a peu, je citais un passage de Chateaubriand prédisant l'avenir de la planète avec cette alliance - peut-être devrais-je dire cet alliage, car il s'agit plutôt de la dureté d'un métal - de la lucidité et de la logique, alliage si parcimonieusement compté aux démagogues qui nous gouvernent, manipulent notre pensée et nous entraînent avec la même assurance, le même entrain, qu'entre 1924 et 1938 vers le même type de catastrophe - ou probablement pire - que celle qu'ont vécue ensuite les Français. Il s'agira bien sûr et enfin de la dissolution de la France, chose espérée par tant de gens, et préparée par tant de belles âmes, de Dunkerque à Perpignan et de Brest à Strasbourg . Aujourd'hui, c'est l'immense Balzac qui va parler à nos aveugles et dessiner l'avenir à nos sourds, tout en décrivant ce qu'il avait déjà sous les yeux. Il s'agit de l'étonnante et superbe introduction aux trois textes sur Catherine de Médicis réédités par la Table Ronde en 2006. Et gardons présent à l'esprit que notre pays en 1840, année où Balzac rédigea le paragraphe qui va suivre, était mille fois moins handicapé, en particulier par le zèle "citoyen" des imbéciles, qu'aujourd'hui :
"Qu'est-ce que la France de 1840 ? un pays exclusivement occupé d'intérêts matériels, sans patriotisme, sans conscience, où le pouvoir est sans force, où l'élection, fruit du libre arbitre et de la liberté politique, n'élève que des médiocrités, où la force brutale est devenue nécessaire contre les violences populaires, , et où la discussion, étendue aux moindres choses, étouffe toute action du corps politique ; où l'argent domine toutes les questions, et où l'individualisme, produit horrible de la division à l'infini des héritages qui supprime la famille, dévorera tout, même la nation, que l'égoïsme livrera quelque jour à l'invasion. On se dira : Pourquoi pas le tzar, comme on s'est dit : - Pourquoi pas le duc d'Orléans ? On ne tient pas à grand-chose ; mais dans cinquante ans, on ne tiendra plus à rien."
Des invasions, depuis, nous en avons subi deux. Remplaçons "le tzar" par "national-socialisme" , hier, pour certains, et par "URSS" pour beaucoup, par Bruxelles ou Washington aujourd'hui pour la plupart de ceux qui décident, et dites-moi si les "prophéties" de Balzac, cent ans exactement avant le désastre que nous savons, ne sont pas plutôt l'exacte description de l'état de la France, empirant de décennies en décennies ? |
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| jeudi 30 novembre 2006, a 18:49 |
| le démon des planches |
Pour répondre aux demandes d’informations ou de précisions qui me sont assez souvent adressées quant à mes rapports avec le théâtre, voici quelques points de repère dans l’ordre chronologique. Très tôt je me suis passionné pour les arts dramatiques, que ce fût sur les écrans, petits et grands, ou sur les planches. J’ai écrit des pièces pour la scène et pour la radio. Parmi mes interprètes on relève les noms de Jean Marchat, Marcel André, Catherine Sellers, Jean-Pierre Jorris, Bernard Dhéran, Régine Blaess, Dominique Leverd, Guy Tréjan, Bernard Alane, Bernard Lavalette, Hubert de Lapparent, Agathe de La Boulaye. J’ai tenu durant quinze ans la chronique théâtrale de « Valeurs Actuelles », tout en enseignant dans les années 80 ma théorie de la Communication audiovisuelle (télévision) à l’université de Paris I. Depuis 1997, je participe chaque été à l’animation des Rencontres avec le public aux Jeux du Théâtre de Sarlat, à quoi depuis 2006 il faut ajouter le Festival de la Comédie de Dax.
Quelques points de repère (extraits d’un dossier de presse) :
1963 Après la publication par la Table Ronde de son premier roman, la productrice Lily Siou lui commande une « Carte blanche » pour France Culture : la Mort de Néron.
1966 Pour la même productrice et la même chaîne : la Méditation au Jardin (Le Nôtre à Versailles), diffusée également sur les ondes d’outre-mer.
1978 Étude de J. Parvulesco dans la revue « Exil » de Dominique de Roux : « Michel Mourlet et la deuxième naissance de la tragédie ».
1979 Mise en espace dans la crypte de l’église de la Madeleine de la Sanglière par la Cie Théâtre et Lumière (Dominique Leverd), sous l’égide de l’ADAC de la Mairie de Paris.
1982 Publication de « Shakespeare, contemporain éternel » dans la revue « Perspectives ».
1983 La Dame à la rivière, comédie pour France Culture (Nouveau Répertoire dramatique de Lucien Attoun).
1987 Publication de la Sanglière (suivie de la Mort de Néron et de la Méditation au Jardin) aux Éd. Loris Talmart : Prix Montherlant de littérature dramatique, décerné par un jury composé de Silvia Montfort, Jean-Laurent Cochet, Thierry Maulnier et Jean-Louis Curtis de l’Ac. française, Philippe Tesson, etc.
1989 Publication de Thaumaturgie du théâtre ou l’Anti-Brecht (Loris Talmart). Création de la Sanglière en l’abbaye de Ferrières, dans le cadre du bicentenaire de la Révolution.
1993 Création par Max Naldini au Théâtre de Levallois de l’Épreuve du feu : deux mois de succès qui « lancent » Agathe de La Boulaye.
1995 « Lecture à une voix » par Agathe de La Boulaye de la Folie dure au Théâtre Essaïon de Paris.
1996 Étude de D. Aranjo, maître de conférences à l’université de Toulon : « Relire la Mort de Néron » (revue « Antaïos »).
1997 Publication d’un recueil d’études sur Anouilh, Beckett, Bourdet, Claudel, Giraudoux, Guitry, Montherlant, Pagnol, dans Écrivains de France, XXesiècle (Éd. Valmonde/Trédaniel).
1998 Publication de la Dame à la rivière (Éd. Art et Comédie).
2001 Étude générale par A. Santacreu : « Le théâtre de Michel Mourlet » dans la revue « Contrelittérature ».
2002 Mise en espace de Marie Dorval en la crypte de la Madeleine (ADAC Mairie de Paris). Publication d’Histoire d’un maléfice (Éd. e/dite), roman tiré par M.M. de la pièce précédente. Tournée de conférence : « Le Trio romantique : Dorval, Dumas, Vigny ». Tournage du long métrage de fiction-documentaire l’Ordre Vert (réal. : Corinne Garfin), d’après la Méditation au Jardin. Création de Marie Dorval par Jean-Pierre Savinaud au Théâtre de Saint-Maur.
2003 Mise en scène de Marie Dorval au Théâtre de l’Entre-Texte (Arles). Sélection et présentation de l’Ordre Vert au Festival international des Programmes audiovisuels (FIPA) et au Festival international de la Fiction documentaire (FIDOC).
2004 Communication de D. Aranjo sur la Mort de Néron au colloque universitaire « Présence de Suétone » de Clermont-Ferrand.
2005 Représentations de la Dame à la rivière en différentes villes d’Alsace par une troupe régionale.
2006 Projection de l’Ordre Vert en ouverture du colloque « Jardins et Littérature » à l’Université de Clermont-Ferrand. Lectures préparatoires à une mise en scène de la Folie dure, par Jean-Pierre Savinaud, Xavier Lemaire, Stéphanie Mathieu, etc. M.M. invite à son émission mensuelle Langue française sur Radio Courtoisie Jean-Luc Jeener, directeur du Théâtre du Nord-Ouest et de la Cie de l’Élan. Publication dans le numéro de décembre du Spectacle du Monde de « Montherlant retrouvé ».
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