X
Identifiant Mot de passe
  Admin Blog Accueil Blog Créér un blog Mail Actualités ToutApprendre Soutien Scolaire Shopping Mag des Voyages Recherche Web
OK
carnet de route
vendredi 24 avril 2009, a 23:57
Le ridicule ne tue plus
 

   Si l'on n'est pas encore complètement désespéré ni cathare, il convient de prendre tout ce qui est bon, même dans le pire.  Depuis l'avènement de la moralisation « citoyenne » vers le début des années 80, moralisation qui selon les tempéraments rend ou imbécile, ou inquisiteur-délateur, le ridicule a cessé de tuer en France. C'est donc des vies sauves ! Des vies qui continuent imperturbablement leur parcours bouffon et peuvent même s'en réjouir dans les micros. En la période que j'ai dite, j'avais consigné dans un de mes livres le merveilleux commentaire de Marguerite Duras à la sortie de La Musica : « Avant moi, le cinéma faisait du bruit ; avec mon film, il va apprendre à parler. » J'avais noté également que la France ne s'était pas écroulée de rire, ce qu'elle n'aurait pas manqué de faire au temps de Saint-Évremond, de Chamfort ou de Sacha Guitry.

   De Michel Audiard aussi, nous rappelle Philippe Randa dans un excellent  morceau de sa  chronique en ligne, où il fustige le remplacement sur les affiches de la R.A.T.P. de la pipe de Tati par un de ces petits moulins à vent qui firent, à bout de bras et au galop, la joie de notre enfance.

   Il faut  peut-être voir dans cette substitution ingénieuse un symbole : Hulot en 2009 n'enfumerait plus la planète avec sa bouffarde et le tuyau d'échappement de sa voiturette déglinguée ; il se servirait d'une éolienne pour capter l'énergie renouvelable de ses moyens de locomotion. Il ne serait plus nostalgique du passé, résistant obstinément aux coulées de béton, aux bassins à jet d'eau électrique et aux troupeaux d'automobiles ; il rentrerait dans le rang, consommateur docile, bon Européen, copain avec Obama, pleurant sur la misère du monde et stockant du sucre en prévision de l'attaque iranienne. Quelqu'un de fréquentable, en somme, et non plus cette espèce d'hurluberlu incapable de marcher au pas.

   Une chose cependant me chiffonne : Hulot sans sa pipe, c'est Charlot sans sa canne, Tintin sans sa houppe, la Joconde sans son sourire. La grande entreprise de crétinisation moralisante, certes, sauve d'une mort certaine les censeurs de l'affiche, puisque le ridicule, grâce à elle, ne tue plus. Mais ces braves gens, eux, ont quand même tenté d'assassiner Hulot, le vrai,  par une de ces opérations magiques chères aux sorciers : non sur une poupée, non sur une photographie ; sur une affiche. Alors ? Que devient dans cette affaire le droit moral de l'artiste ? Que devient le droit du public de n'être pas "trompé sur la marchandise" ? Qu'attend-on pour les traîner en justice ?  

À lire : « Modernes Inquisiteurs » www.philipperanda.com

 

samedi 03 mars 2007, a 08:34
Guitry-sur-Seine
 

   

   Une jeune troupe, la Compagnie des Hauts-de-Scène, sise à Boulogne, m’envoie le programme de son prochain spectacle (ci-contre). Autant j’ai chassé énergiquement de ce « Carnet de route » les colleurs d’affiches politiques, qui n’ont rien à y faire, autant j’accueille avec plaisir cette affiche-ci, ornée d’un nom, Sacha Guitry, qui m’est cher à plus d’un titre – si j’ose dire. Ici, des titres, il y en a cinq ; cinq piécettes rarement jouées, ce qui attise notre curiosité. Les deux premières représentations auront lieu à Boulogne, les 24 et 25 mars. Pour en savoir plus ou réserver vos places, rendez-vous sur : http://www.hautsdescene.fr

   Brecht est en train de couler à pic, Adamov est bien mort, Genet ne se sent pas très bien,  vive Guitry !   

samedi 16 septembre 2006, a 22:14
Résurrection de Montherlant ?
 

   

 

   À mon retour de Sarlat (voir ci-dessous), dans la fièvrrrre de la rédaction de mes notes pour «  la Revue littéraire » et «  Atlantica Magazine » (cf. également ci-dessous), il m’est revenu qu’une « intégrale » des pièces de Montherlant allait se donner au Théâtre du Nord-Ouest, à Paris. Cela doit faire à peu près six lustres que je réclame à cor et à cri, là où c’est (ou était) possible (Matulu, Nouvelles littéraires, Valeurs Actuelles, etc.), que l’on joue Montherlant, catalogué par une légion d’imbéciles (j’en  ai entendu certains de vive voix) parmi les « auteurs ennuyeux ». Ce sont bien entendu les mêmes qui trouvèrent Adamov percutant, Pichette rigolo et n’eurent pas de mots trop méprisants pour Sacha Guitry avant de retourner leur veste après certaine déclaration d’intention d’Antoine Vitez (vous voyez que je n’oublie rien).

   Je me souviens de mon critique dramatique de Matulu, Gilbert Chateau, homme de gauche, journaliste au Progrès de Lyon. Il fulminait qu’on ne représentât point le théâtre de Montherlant dans les festivals. Et c’est vrai : «  la Reine morte » au palais des papes ! L’infante faisant irruption au pied des murailles : « Je me plains à vous, je me plains à vous, Seigneur ! Je me plains à vous, je me plains à Dieu ! »  On imagine ! Les poils hérissés sur les bras ! La chair de poule ! À la place des billevesées montées par des mirliflores !

   Ne rêvons pas. Quand Montherlant s’est suicidé, nous étions déjà dans une basse époque.  J’ai raconté, dans la NRF et dans mon livre « Écrivains de France » comment il la jugeait,  derrière un large sourire de dinosaure, quand  je venais le visiter sur son îlot du quai Voltaire « avec, tout autour, la mer de la connerie qui monte » (« la Marée du soir »). Nous parlions naturellement beaucoup de théâtre. Au moment de la reprise du Maître de Santiago à la Comédie-Française, il m’avait fait part de son agacement que la presse ne s’occupât que du catholicisme d’Alvaro. J’ai reproduit ses propos dans  « Écrivains de France »  (« Le Solstice d’hiver ») : « Le catholicisme ne joue aucun rôle important dans cette pièce, pas plus que dans « la Ville dont le Prince est un Enfant » où il joue exactement pendant dix minutes. Le reste du temps, il n’existe pas. Le sujet unique du « Maître de Santiago », c’est l’indignation. »

  

Ci-dessus : Portrai de Henry de Montherlant par Jean Schneider. Illustration de couverture, Matulu N° 12 (mars 1972).

Présentation
Michel MOURLET
Ecrivain, chroniqueur. A enseigné à Paris I sa théorie de l'audiovisuel.

Envoyer un mail à l'auteur
publicité
commentaire(s)
L'imparfait sportif R.-J. Berg (20/11/2009 08:13)

Votre belle réponse ...

Le terrorisme des Ronchons Christophe (09/11/2009 20:13)

A noter qu'Alai...

A la rencontre de Judrin Bruno Duval (24/09/2009 09:22)

Cher Michel Mourlet,...

A la rencontre de Judrin MM (17/09/2009 15:31)

Merci, Cher Bruno Du...

A la rencontre de Judrin Bruno Duval (17/09/2009 15:04)

Cher Michel Mourlet,...

mes catégories
Jean Dutourd (3)
Chateaubriand (3)
Matulu (3)
Sacha Guitry (2)
Francophonie (2)
Marx (2)
Cahiers du cinéma (2)
Molière (2)
Editions France Univers (2)
Françoise Sagan (2)
Suétone Tacite (2)
Trissotin (2)
Paul-Jean Toulet (2)
Eric Rohmer (2)
Alexandre Dumas (2)
Radio Courtoisie (2)
Dan Brown (2)
La Table Ronde (2)
Montherlant (2)
Da Vinci Code (2)
Articles précédents
Liste des articles
calendrier
«avril 2009»
LunMarMerJeuVenSamDim
01 02 03 04 05
06 07 08 09 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30
archives
2009-11 (2)
2009-10 (3)
2009-09 (2)
2009-08 (2)
2009-06 (3)
2009-05 (5)
2009-04 (1)
2009-03 (1)
2009-02 (3)
2009-01 (2)
2008-10 (2)
2008-09 (3)
2008-08 (3)
2008-06 (2)
2008-05 (3)
2008-04 (3)
2008-02 (1)
2008-01 (2)
2007-12 (3)
2007-11 (2)
2007-10 (2)
2007-09 (2)
2007-07 (1)
2007-06 (3)
2007-05 (2)
2007-04 (1)
2007-03 (4)
2007-02 (2)
2007-01 (7)
2006-12 (5)
2006-11 (6)
2006-10 (3)
2006-09 (3)
2006-08 (3)
2006-07 (5)
2006-06 (8)
2006-05 (6)
thèmes
Tati moulin à vent
Marguerite Duras
Audiard Sacha Guitry
Mes autres blogs préférés
TERRES NYKTHES
D'autres blogs sur monGenie
LE BLOG DE JM
Electron Livre
0N SE FAIT LA VIE PLUS BELLE -
QUESTIONS POSEES
FLO, le BLOG sans filtre -

** ** © Learnorama 2006 - conditions générales - développé par Learnorama et Kernix - Contact - Nouveautés blog